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port de santa-cruz das Flores
Portugal

Le dragon de Flores

port de santa-cruz das Flores

Voilà un bon moment que je ne vous ai pas parlé des Açores. Pourtant, je suis bien loin d’en avoir terminé avec notre voyage dans l’archipel portugais. Dans l’article précédent, en plus de soulever une révolte en introduisant une reprise d’Enjoy the Silent par Moriarty, je m’étais attelée à décrire le sentiment de bien-être qui nous avait envahi lors de notre séjour de 4 jours à Fajã Grande… mais notre escale sur Flores ne devait pas s’arrêter là. Nous avions en effet prévu de passer huit jours sur cette île du bout du monde, et une fois cette décision prise, il fut impossible de revenir dessus : toutes nos tentatives de fuite par bateau ou avion échouèrent.

En pleine tempête

Le jour de notre départ de Fajã Grande, le ciel n’était pas plus léger qu’habituellement. Les falaises, condamnées pour l’éternité à vivre dans la brume, ne se laissaient qu’à peine entrevoir. Il ne nous fallut pas plus d’une demi-heure pour traverser l’île, et nous retrouver, sous la pluie, dans la ville sans intérêt de Santa-Cruz.

Il y a des journées maudites, ce jeudi-là, fut l’une d’entre elles.

Deux jours avant de quitter notre jolie maison avec vue sur l’Atlantique de Fajã Grande, nous avions envoyé un message à notre hôte de Santa-Cruz pour nous assurer que notre réservation était toujours d’actualité… on ne sait jamais. La réponse nous laissa inquiets : le Monsieur qui devait vous louer sa maison est parti sur le continent avec les clés de la maison, je ne sais pas comment faire ».

Nous n’étions pas au courant que la dame avec laquelle nous avions traité quelques mois auparavant n’était qu’une intermédiaire, aussi, nous restâmes comme deux idiots devant ce mail. Pendant deux jours, nous avons cherché un plan B : un autre logement, un avion ou un bateau pour quitter l’île… rien. Le prochain ferry n’était autre que celui que nous avions déjà prévu de prendre, et il ne restait plus de place dans les quelques avions qui peinaient à arriver sur l’île. Nous rentrions en pleine tempête… au sens propre, comme au figuré.

Nous nous sommes présentés chez notre hôte en fin de matinée, nous fûmes reçus par une jeune femme très souriante, nous assurant que sa mère ferait son maximum pour nous trouver une solution d’ici la fin de l’après-midi.

La pluie battait toujours son plein, mais, naïvement, nous sommes partis un peu rassurés : nous disant « qu’une jeune femme aussi sympathique devait obligatoirement avoir une mère adorable ».

Si on est bête…

Nous avons fait le tour de la ville. Nous avons mangé dans une sorte de cantine, un riz cuit dans l’eau mer avec des bêtes à cornes qui flottaient dedans (un des pires repas de ma vie !!)… et nous avons pris la route pour nous changer les idées, en priant pour que le ciel soit plus dégagé à l’extrémité nord de l’île.

Nous sommes arrivés à Ponta Delgada sous une éclaircie et ce n’est qu’au bout de la route que nous avons arrêté la voiture.

Le bout de la route, c’est le phare d’Albarnaz face à l’île de Corvo. Mais ce jour-là, les nuages étaient si bas qu’il nous était impossible de voir cette terre émerger de l’eau et du brouillard.

Après cette balade, qui n’eut pour intérêt que celui de nous faire perdre un peu de temps, nous sommes retournés sur nos pas. Pour tuer l’après-midi, tout juste entamée, nous visitâmes le musée de la chasse à la baleine (Museu da Fábrica da Baleia do Boqueirão).

Le lieu n’est autre que l’ancienne usine où étaient « transformés » les baleines et cachalots harponnés. Quand la pêche des cétacés fut interdite, la municipalité a immédiatement pensé à sa reconversion en musée. La visite permet de comprendre la vie et le destin de ces hommes de l’Atlantique. N’allez pas imaginer une seconde que je vante les mérites de cette pêche, mais il est poignant de réaliser à quel point cette activité a forgé l’identité de ces communautés.

Les filles ont été passionnées par la visite, et nous ont même obligé à y retourner deux jours plus tard…. un calvaire ces derniers jours sur l’île, j’vous dis  -_-

Museu da Fábrica da Baleia do Boqueirão

L’heure de retrouver notre hôte arriva enfin, mais en sortant du musée, nous ne savions pas encore que nous allions faire une des pires rencontres de notre vie.

Si ce n’est LA pire…

Le dragon de Flores

Nous avons sonné. Une dame la soixantaine a ouvert la porte et nous a demandé froidement dans un excellent français : « vous êtes les gens pour la maison ? »

Nous avons acquiescé.

Elle a commencé à râler, à nous expliquer des trucs sans queue ni tête… le propriétaire était parti avec la clé, il devait rentrer aujourd’hui, mais avec la tempête, l’avion avait du retard… elle pensait que nous serions dans le même avion que lui… donc elle ne se faisait pas de soucis… mais quand sa fille lui a dit que nous étions passés, elle a paniqué…

Sur ce, elle s’arrête et nous dit : « c’est n’importe quoi d’aller de l’autre côté de l’île avant de venir ici, comment je fais moi maintenant »

Heu…

On lui avait écrit à 3 reprises que nous serions à Fajã Grande avant de venir…

Nous arrivons à la maison de secours qu’elle nous a trouvé.

Le jardin est en friche, il n’y a qu’une chambre au lieu de deux, il manque un lit qu’elle remplace par un matelas minable de quelques centimètres d’épaisseur par terre. Les meubles sont vieillots, voire cassés, l’électricité laisse à désirer, la télé ne marche pas.

Mais, Jac et moi sommes soulagés d’avoir un toit, alors on ne cherche pas à casser les pieds, on veut juste qu’elle nous laisse tranquilles.

C’est alors qu’elle s’énerve toute seule, elle claque les portes, ferme les tiroirs avec fracas ; je sens les filles s’agripper à moi.

Elle me montre comment faire une lessive, en me disant « vous auriez pu faire votre lessive chez les autres à Fajã Grande ». Elle continue, elle s’égosille pour rien, elle nous parle d’un policier, d’un professeur, qu’on ne peut faire confiance à personne, que nous n’aurions pas dû être là.

C’est quoi cette dingue ??!

Jac et moi détestons le conflit, c’est presque maladif, nous ne savons pas réagir dans ce genre de contexte, alors on arrondit les angles, on veut juste qu’elle parte.

Elle finira par s’en aller, et quand les filles auront le dos tourné, je finirais par me mettre à chialer comme un bébé. Cette femme est un monstre.

Pendant les jours qui suivront, chaque rencontre avec le dragon de Flores fut une torture psychologique. La veille de notre départ, en allant chez elle, pour payer (ce qui fut une franche souffrance puisque cette c******e s’obstinait à vouloir nous faire payer 80 €/nuit pour une maison 2 fois plus petite que prévue… on a quand même fini à lui faire lâcher 20 € sur chaque nuitée), j’ai croisé un couple qui logeait chez elle : entre la pluie battante depuis 3 jours et cette hystérique, la douleur se lisait sur leur visage ; je suis presque retournée dans notre taudis, le cœur léger.

Lost in Flores – the end

Dans ces conditions (merdiques), il fut assez difficile de profiter de la fin de notre séjour, nous avons fait tout de même quelques balades agréables, comme celle de Fajã do Conde, ou sur les hauteurs de l’île. Nous découvrîmes également un village adorable dont la légende dit que ses habitants sont les fruits des amours entre les marins et les sirènes… le village de Ponta Ruiva.

Ces petites balades ont un peu adouci notre fin de séjour, mais je ne vous cache que je n’ai jamais été aussi heureuse de quitter une « maison de vacances » !!

Quelques photos pour ne pas perdre de vue que Flores est une île unique et merveilleuse… bien que très brumeuse ^^

Le tour dernier jour, nous avons lutté contre notre morosité pour retourner vers Ponta Delgada, où nous avions croisé une belle rivière. Malgré la pluie, elle restait accessible, et Jac y a fait une partie de pêche à la mouche mémorable : une dizaine de truites en une heure et demie !

Le lendemain, nous embarquions à 7h du matin pour une traversée de six heures en direction de Faial … une toute autre histoire …

Le dragon de Flores ( Açores) par Fish & Child(ren)

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13 comments
  1. Famille France-trotteuse

    Mais quelle enfer c’est une histoire de dingue j’étais loin d’imaginer une telle histoire en lisant le titre !!
    Je compati fortement parce que cet été nous avons eu aussi un déconvenue de location (malheureusement je ne sais pas si je pourrai décrire l’horreur que nous avons vécu dans cette location minable au nord du Portugal sur le blog car c’est un collègue de PapaTrotteur qui nous l’a loué nous assurant que c’était merveilleux et il sait que j’ai un blog il risque donc d’aller lire) bref en tout cas obligatoirement ça gâche un brun le séjour surtout que la météo tout comme vous n’était pas du tout au RDV.
    J’espère que la suite sera plus réjouissante.

  2. Curiosity Escapes

    Mais loool, j’ignorais qu’en plus de la tempête sans fin vous avez dû faire face à un tel animal, mince. Nous aussi notre logement à Santa Cruz était franchement pas top, je crois que les dames sont de la même famille d’ailleurs, mais on n’a pas été agressés comme ça.
    Au moins vous avez quand même eu un petit aperçu du centre de l’île sans trop de brume. Il y a tout le temps de la brume là bas.

  3. Petites Evasions Grandes Aventures

    En tant que grande amatrice de châteaux tu devrais être habituée au dragon pourtant ^^ Plus sérieusement c’est quand même pas cool du tout d’être accueillis de la sorte (en lisant ta description de l’animal j’ai pensé à Solange, et j’ai compati, vraiment, beaucoup) et dans une maison apparemment vraiment limite 🙁 Heureusement qu’il y avait de beaux paysages quand même sur cette île … tout ce vert *-*

  4. chachaaventuriere

    J’ai de la peine pour vous. Connasse (elle pas toi ) và ! Ceci dit s’il y a un dragon, y a un prince, s’il y a un prince y a une princesse et en généra dans les contes de fées tout finie bien . La râleuse compulsive que je suis te conseillerau toutefois de laisser un commentaire sur tripadvisor sur cette location ou sur le site sur lequel vous avez loué. Non mais crotte !

  5. Françoise du jardin des violettes

    hé bien bravo d’avoir quand même réussi à garder le moral vous y avez mis tout votre cœur avec trois jeunes enfants comment faire autrement . En tant qu’accueillante je n’excuse pas un tel comportement… en faite ce n’était pas elle la propriétaire mais où était il donc celui là ? en plus météo bien pire qu’en Normandie ah ah ah …mais que de beaux paysages un souvenir inoubliable qu’il faut vite balayer par un autre . je vous embrasse merci à bientôt

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)