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observatoire du Grand Castelou, Narbonne
France

Balade en zone humide #EnFranceAussi

observatoire du Grand Castelou, Narbonne

Pour ce 1er février, j’ai eu l’honneur et le privilège de choisir le thème du rendez-vous #EnFranceAussi… et il m’a semblé intéressant, à la veille de la Journée Mondiale des Zones Humides, de partir à la découverte de ces lieux un peu boueux, souvent méconnus et pourtant indispensables à l’équilibre de l’écosystème.

C’est pourquoi le 25 décembre, alors qu’une partie de la France dormait encore, ou ouvrait ses cadeaux, j’ai embarqué ma petite famille (sans bottes en caoutchouc – erreur de non-débutants désorganisés) dans une balade teintée d’or.

Jac ayant un penchant pour le Parc Naturel de la Narbonnaise, nous avons choisi les alentours de l’étang de Bages, près de Narbonne, pour cette sortie champêtre.

Quelle est la définition d’une zone humide ?

Selon le code de l’environnement, les zones humides sont des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année». (Art. L.211-1) © zoneshumides.org

 

La Narbonnaise, une terre submergée

Il y a un an exactement était inauguré le sentier d’interprétation du Grand Castélou, un circuit de 2 km permettant de découvrir les zones humides typiques de cette région.

Il ne faut pas être un grand spécialiste, pour comprendre en regardant la carte, qu’à une époque, la lagune de la Narbonnaise était complètement ouverte sur la mer. Avec les siècles, la terre s’est en partie refermée, l’homme a commencé à y développer une activité agricole, et petit à petit se sont créés différents écosystèmes : roselières, près salés, marais, etc..

Quand nous arrivons sur le site du Grand Castelou, il règne comme un air de campagne, la mer nous semble bien loin… avec ces hauts murs, son architecture massive, l’ancien vignoble s’impose dans la plaine, au milieu des roseaux. Les roseaux, omniprésents, ils vous rappellent immédiatement que vous n’êtes pas sur une terre agricole lambda, mais bien dans une zone humide, où l’eau est maîtresse de chaque espace.

Ancienne saline, le site est devenu un vignoble au XIXe siècle, car, comme vous le savez, ou pas, les vignes apprécient d’avoir les pieds dans l’eau : cela leur permet de lutter naturellement contre le phylloxéra (une maladie causée par le puceron du même nom). Mais, si elles aiment avoir les pieds dans l’eau, les vignes n’apprécient pas forcément les bains de mer… imaginez-vous en train de boire de l’eau de mer pour vous réhydrater, ça va vous faire tout bizarre !

Les vignes étaient submergées grâce à un système de canaux qui allaient puiser l’eau douce dans le canal de la Robine… un système hydraulique ingénieux, qui a laissé quelques vestiges sur le sentier ; nous le verrons.

Au milieu du XXe, après une vaine tentative d’installer des rizières sur le site, l’activité agricole décroit, et la nature reprend ses droits, permettant à de nouveaux paysages de se développer : ainsi apparaissent les prairies humides, les roselières et les sansouïres (la sansouïre est un milieu limoneux stérile couvert d’efflorescence saline, inondable, recouvert de salicornes, de soudes et de saladelles… © source : zoneshumides.org).

Le sentier d’interprétation longe des prairies humides et des haies de roseaux, qui ce jour-là, dans le soleil hivernal, luisent comme des feuilles d’or. Nous continuons notre chemin et croisons quelques oiseaux, des hérons (je crois ^^), et observons la végétation qui plonge dans les canaux créant plus de cachettes qu’il ne faut pour les insectes…

La promenade se poursuit, tous à l’affût, écoutant la nature, et tentant d’apercevoir un animal… mais, en famille, en dehors d’un oiseau un peu sourd d’une oreille, nous n’avons que peu de chance d’apercevoir quelque chose….

Les roseaux sont toujours plus hauts, et juste derrière eux, se cachent les canaux… le système hydraulique mis en place pour immerger les terres se fait entrevoir, et sous ce grand ciel bleu de Noël, la balade est toujours plus douce.

Nous ratons alors un embranchement (je dois dire que les panneaux ne sont pas en surplus sur le sentier), et nous nous retrouvons sur la route… deux chiens arrivent derrière nous, c’est la panique à bord, nous retournons sur nos pas… Nos pieds (non bottés) sont déjà mouillés de toute façon, alors nous continuons l’exploration de la zone humide !

Nous longeons un canal, la terre est plus sèche, l’espace plus ouvert, les roseaux laissent place maintenant à des sansouïres, et bientôt apparaît l’observatoire… Nous avons retrouvé notre chemin.

Jac et Joujou nous précèdent, je m’attarde par-ci, par-là, pour faire des photos : les Pyrénées sont si belles ce matin.

C’est là, que je vois et j’entends mon cher est tendre me faire signe… et siffler… Sifflerdevant un observatoire ornithologique.

Naturellement, tous les oiseaux se sont envolés avant même que Nounou et moi ayons mis un pied sur la petite passerelle qui mène à la cabane.

[Soupir]

Si l’observation des oiseaux (et des animaux en général) fut un véritable échec, nous fûmes ravis de la marche. Nous étions souvent passés sur l’étang de Bages, mais jamais nous ne nous étions aventurés dans ces terres, pourtant si diverses.

En rentrant au domaine, nous avons rencontré les maîtres des lieux : des chevaux qui profitent de la douce nature languedocienne et de la vue sur les montagnes….


Le sentier du Grand Castélou en pratique :

Le domaine du Grand Castélou est géré par la mairie de Narbonne et le Parc Naturel de la Narbonnaise.

L’accès au sentier est libre, il est toutefois possible de faire des visites en groupe sur rendez-vous.

Vous pouvez télécharger le plan du circuit en cliquant sur ce lien : Domaine du Grand Castélou. Malgré ce plan, nous avons eu beaucoup de mal à nous repérer sur place, la multitude des canaux, le manque de visibilité à cause des roseaux, et notre désorganisation légendaire, nous ont fait tourner en rond un moment à plusieurs endroits… alors ne vous précipitez pas lorsque vous tombez sur une bifurcation, cherchez bien à comprendre où vous êtes… ça vous évitera peut-être quelques hurlements d’enfants

Ce site est protégé par le Conservatoire du Littoral pour sa faune et sa flore d’exception, en empruntant ce sentier, nous êtes responsables de sa conservation, merci de respecter les lieux comme des êtres humains civilisés.

Et pour continuer la balade, je vous conseille vivement de faire un tour sur l’île de Sainte-Lucie, sur la commune de Port-la-Nouvelle, un site très différent, mais tout aussi beau et passionnant.

roseau - Grand Castelou, Narbonne


C'était un article #EnFranceAussi
rendez-vous organisé par Sylvie du blog Le Coin des Voyageurs
logo enfranceaussi
29 comments
  1. Caro

    C’est très beau même si… dommage pour les oiseaux ! En tous cas jolie balade et très chouette thème. Et tu as raison, les oiseaux et les enfants (voire les maris..) ne font pas bon ménage…

  2. Estelle

    Merci d’avoir choisi ce thème, je me suis éclatée à écrire mon article et en fait j’aime beaucoup les endroits comme les tourbières et les marais. Tu as eu un temps splendide pour Noël, tes photo rayonnent de soleil.

  3. Selena Charp

    Hello Je ne connaissais pas du tout cette zone et d’ailleurs la région de Narbonne en général ! En tout cas merci pour ce thème inspirant ca m’a donné envie de participer avec un article qui arrivera un peu en retard 🙂
    Solène

  4. lesmilletdu62

    La chance d’habiter dans le Sud, quelle lumière en plein mois de Décembre, tes photos sont incroyables 😀 une jolie balade familiale, et l’observatoire aux oiseaux évidemment j’ai aussi peu de chance que toi !

  5. Sophie

    Et voilà, tu nous fais toujours saliver pour ne pas dire baver devant tes photos du sud, et tes photos d’espaces naturels. Elle a l’air vraiment sympa cette promenade, surtout si on ne s’amuse pas à siffler 🙂
    bises

  6. sylvierandos

    Tout à fait le genre d’endroits que j’adore, et si en plus il y a des oiseaux, alors là c’est carrément le top ! Je dois avouer que j’ai bien ri avec l’histoire de cette envolée d’oiseaux à 2 pas de l’observatoire… Trop drôle ce réflexe de ton cher et tendre, mais par contre vraiment trop dommage pour toi et ta fille qui n’avez pas pu profiter du spectacle… Bref, je trouve ça super comme sortie familiale pour un jour de Noël ! Merci beaucoup pour cette très belle découverte et pour ce thème ! Bientôt le prochain thème, et je n’ai pas encore terminé mes lectures 😉

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