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Grand jeux romains de Nîmes
France

Quand les arènes de Nîmes font leur cirque

Grand jeux romains de Nîmes

De ma vie, je n’ai jamais regardé un péplum en entier. Non pas par manque d’intérêt, mais parce que je n’y ai jamais rien compris. C’est comme les westerns, je ne comprends jamais rien ! Pourtant, fan absolu de Terence Hill (Saint-Trinita priez pour mon âme), j’ai souvent fait des efforts pour suivre le fil du film mais non, rien n’y a fait… alors un péplum… sans Terence Hill en plus… absolument aucun intérêt !

Alors quand l’opportunité s’est présentée d’aller assister au spectacle de Spartacus durant les Grands Jeux Romains de Nîmes, j’ai sauté dessus immédiatement.

Ok, c’est incompréhensible comme réaction… sauf si on contextualise. Vous voulez que je contextualise ? Oui… bon, vous n’avez pas le choix en même temps, sauf si vous fermez cette page, chose que vous ne ferez pas, parce que vous êtes déjà complètement hypnotisés par mon histoire, pour ne pas dire par mon péplum (huhuhu = rire idiot).

Donc, pour en revenir au contexte, si j’ai accepté cette invitation, c’est tout simplement pour Nounou, fanatique d’histoire et groupie d’Astérix. Et, j’avoue avoir été curieuse de voir ce qu’un tel spectacle pouvait donner… d’autant plus que l’acteur principal, Spartacus, était fort bien fait. (Jac va vouloir censurer cette phrase à la relecture, mais je vous promets de me battre pour la garder)

affiche de Spartacus - Grands Jeux romains de Nîmes

C’est ainsi que le 30 avril (oui, je sais c’était le jour de la rentrée – nous sommes des parents horribles), en rentrant de Corse, nous avons fait un stop à Nîmes.

Ni Jac, ni moi (ni les filles bien entendu), ne connaissions Nîmes. C’est donc avec des yeux tout neufs que nous sommes partis à la découverte de la ville et de cet événement.

Car les Grands Jeux Romains ne se résument pas à un spectacle, c’est un long week-end dédié à l’antiquité. Il y a un village éphémère, et des petites activités, démonstrations un peu partout. Cette année malheureusement, la météo n’a pas été de la fête, et la journée du dimanche a été un peu gâchée. Mais lorsque nous sommes arrivés lundi, le ciel bleu essayait de se faire une place au-dessus des arènes et nous avons pu profiter des superbes ruelles du centre-ville et de l’ambiance festive et joyeuse qui y règne.

Arènes de Nîmes
Quand la Marine romaine s’installe à Nîmes…
la Maison Carré
la Maison Carrée

Après quelques tours et détours, nous avons fini par nous rendre aux arènes. Le bâtiment s’impose immédiatement, et les filles qui sautaient dans tous les sens deux minutes avant, n’en mènent plus large dans les allées de ce colosse de pierre.

La construction des arènes remonte au 1er siècle après J.-C., c’est l’amphithéâtre le mieux conservé du monde antique :

» […] il présente une symétrie parfaite. De forme ovale, il mesure 133 mètres de long et 101 de large avec une piste de 68 sur 38 mètres. Mesurant 21 mètres de haut, sa façade extérieure est à deux étages de 60 arcades superposées […] » © Arènes de Nîmes

Arènes de nîmes vues du ciel
© arenesdenimes.com

Les acteurs ne sont pas encore dans l’arène, mais nous, nous sommes déjà dans l’histoire… et Nounou, plus que jamais ! Elle trépigne sur son siège : pour elle, aujourd’hui, c’est Noël !

À 14 h 30 pétante, le narrateur prend place. Il sera le lien entre l’Histoire et le public durant près de 3 h, il nous aidera à remettre les scènes dans leur contexte (oui, oui, lui aussi, il a contextualisé), il commentera et détaillera tous les pans de la vie de Spartacus qui n’étaient pas reconstituables.

Après un combat de gladiateurs bon enfant (le public, sympa, a laissé la vie sauve à tout le monde), et une démonstration équestre, Spartacus fait son entrée.

Je ne vais pas vous faire un cours d’Histoire sur la troisième révolte servile, mais en gros, Spartacus était thrace (un peuple qui vivait sur l’actuelle Bulgarie et Roumanie), né libre, il fut capturé par les romains autour de 75 av. J.-C. et vendu comme gladiateur/esclave au laniste Batiatus l’année suivante. C’est de « l’école » de Batiatus que la révolte va partir : plus de 70 esclaves vont arriver à s’enfuir, dont Spartacus prendra rapidement la tête. Pendant deux ans, les rangs de l’ancien gladiateur ne cesseront d’augmenter, portant leur chiffre à 120 000 hommes (principalement des esclaves, mais aussi des paysans et des bergers).

Je passe sur ses glorieuses victoires et ses cuisants échecs (Wikipédia est là pour ça), mais après avoir été escroqué par des pirates alors qu’il voulait rejoindre la Sicile, ses forces ont diminué, et cela jusqu’à l’affrontement ultime avec Crassus en 71 avant J.-C., où il fut tué.

Près de 6 000 hommes furent capturés par les armées de Crassus et Pompée (les mêmes qui dix ans plus signeront le Triumvirat avec César et feront basculer le sénat romain – ce n’est pas n’importe qui, quoi !), des hommes qui furent crucifiés le long de la via entre Capoue et Rome… histoire de calmer tout le monde.

(Pour info, il y a juste 200 bornes entre Rome et Capoue, donc on peut supposer que les 6000 crucifixions sur la route devaient se remarquer !)

Il faut environ 2 h aux reconstituteurs pour raconter ces deux années, à grands coups de décor, de combats, de déclamations, etc…. Le narrateur termine en expliquant que cette 3e et dernière guerre servile eut des effets positifs sur l’Empire Romain, que les esclaves furent mieux traités après ces événements. Ce n’est pas tout à fait exact, ces améliorations qui sont évoquées sont venues bien plus tard, et il est très difficile de prendre la mesure de l’impact de cette guerre sur les mentalités romaines…

Deux heures de spectacle (2 h 45 avec les démonstrations du début), ça peut sembler long, mais résumer deux années de combats et de complots, tout en peignant le portrait des hommes qui ont construit cette histoire…. quand on y pense, 2 h, c’est assez peu… c’est un peu comme la douzaine de lignes que je viens de vous fourguer : c’est un résumé de résumé de résumé d’une interprétation historique. Et j’ai trouvé que c’était plutôt bien fait. Tous les intervenants, les acteurs, les figurants (ils sont plus de 500 reconstituteurs venus de toute l’Europe), se donnent à fond, et ça se ressent vraiment : il y a une très belle ambiance.

Je ne vais pas vous mentir, si Nounou a été à fond du début à la fin, Jac et moi on y a trouvé quelques longueurs par moment. Mais pas tant que ça finalement. L’atmosphère joue beaucoup dans le spectacle : tout le monde réagissait aux propos du narrateur, et semblait pris par les péripéties de Spartacus… (si ce n’est pas ça, c’est qu’ils le mataient tous ^^)

En sortant, Nounou a demandé ce que nous avions préféré, mais avant même que nous trouvions une réponse, elle s’est exclamée : « Moi j’ai tout aimé, j’ai tout adoré ». Je pense que l’année prochaine, on n’y coupe pas !!

Nous aurions dû aller visiter les coulisses après le spectacle, histoire de faire un selfie avec Spartacus, mais les filles étaient épuisées par tant d’aventures antiques, et nous sommes rentrés directement… mais vu que nous reviendrons l’année prochaine, ce n’est que partie remise ! (et la prochaine fois, nous visiterons mieux Nîmes, car la ville vaut 1000 fois le détour !)

grands jeux romains de nîmes

Nous remercions chaleureusement l’équipe de Culturespaces pour son invitation et son accueil.

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5 comments
  1. arturo

    Bravo Mitchka, j’ai trouvé ton récit plutôt captivant, j’avoue que je connais très peu l’histoire des romains en général (che vergogna!) et de Spartacus en particulier. T’as cité Wikipédia comme source de renseignements supplémentaires, t’aurais pu citer aussi Tante Eugenia, qui est intarissable sur l’histoire de la Rome ancienne et de l’empire romain; Sûr qu’elle doit connaître dans ses détails plus significatifs la vie de Spartacus et l’évolution des conditions de vie des esclaves!!!

  2. Itinera Magica

    J’étais à Nîmes ce week end, et j’ai adoré cette ville magnifique… il y avait un concert grandiose aux arènes, l’ambiance était fabuleuse… je pense que Spartacus m’aurait plu aussi !

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