Mitchka vs Wild and Vili

Après 36h à Idrija, à attendre que la pluie cesse, nous avons repris la voiture avec la ferme intention de monter la tente quoi qu’il arrive. La foudre pouvait bien tomber sur nous : nous voulions retrouver l’intérieur de notre home-sweet-home de voyage.

Notre objectif : nous installer dans la vallée de la Soča, dans les alentours de Tolmin.

Pourquoi là et pas plus haut ? Je ne sais pas. Une intuition.

Nous voilà à Tolmin. Jac avait repéré deux campings. Non sans mal (les slovènes sont hyper radins en panneau, veuillez vous souvenir de prendre une boussole pour vous retrouver), nous trouvons le premier … et nous faisons demi-tour immédiatement.

Car voyez vous, si j’adore camper, j’ai besoin d’un minimum de confort … et avoir des murs autour de la douche étant un critère assez important pour moi. Oui, je sais, je chipote. Mais là, devant les sanitaires, à la vu des douches à l’air libre (comme des douches de piscine) : j’ai tiqué. Oui, je conviens, qu’il s’agit là d’une réaction un peu « petite bourgeoise » de ma part mais non non non….

Et quand Jac, mort de rire, m’a dit : « boh on se lavera en maillot » (alors qu’il sait très bien que je déteste ne serait ce que me promener les genoux à l’air sur la plage) … j’ai me suis immédiatement vu faisant mousser le savon de Marseille en maillot 2 pièces devant un gang de touristes contemplatifs (oui contemplatifs !) …. et ça, ce n’était pas possible. J’ai donc mis un véto ferme et définitif.

Oui parce que voyez vous, aussi fou cela soit-il, j’aime me laver tous les jours et en toute intimité, si possible. Je peux, éventuellement me baigner dans une rivière faute de douche, mais bizarrement le 10 ou 12°C de la Soca ne poussait pas au plongeon…

Hop, demi-tour.

Et nous voilà, à la recherche de l’autre camping du coin. Toujours pas de panneau, mais on finit par le trouver à l’intuit’ !! (Un gros coup de bol, parce que généralement l’intuition de Jac nous mène rarement quelque part – et je dis ça avec tout l’amour que j’ai pour lui)

Nous sommes reçus par un homme de 35-40 ans, très souriant, enfumé jusqu’à la moelle épinière. Il nous invite à le suivre. Nous passons sous un grand préau et nous dit : là c’est l’évier, là le frigo, là y’a un feu pour faire la cuisine, là des tables, là le ping-pong et là la douche. Il se poste devant le bâtiment, en regardant les terrains et nous invite à nous installer là où il y reste de la place (sage conseil).

A ce moment précis, je regardais droit devant moi les terrains humides, essayant de faire abstraction du sourire moqueur de Jac. Je savais qu’il savait ce que j’étais en train de me dire …………………….

Ayant un chouïa pitié de moi, il m’a dit : si tu veux, on cherche encore …

Ce à quoi, j’ai répondu :  » Non, je serais forte »

Non, bon c’est pas vrai, j’ai pas dit ça ! J’ai plutôt dit un truc du genre « p***** de b***** de m**** de slovènes, peuvent pas construire des p***** de vraies douches ………….grrrrgrrr …. Allez, c’est bon, les filles ont la dalle, on monte cette c** de tente, tant pis. » (je vous livre là, la version censurée afin d’éviter à ma mère une attaque devant la grossièreté de sa fille).

Bref, c’est ainsi, que nous avons monté notre tente au Camp Vili. Un lieu où on se douche derrière un rideau, en plein courant d’air, entre une table de ping pong et une tablée de joyeux danois .

Une fois installés, Jac m’a demandé les yeux plein de pitié :  » ça va aller ? »

A l’entendre on avait l’impression que j’avais été propulsée seule au beau milieu de la jungle la plus dangereuse du monde… sentiment qui devait être dû au fait qu’à me voir, on avait l’impression que j’avais été propulsée seule au beau milieu la jungle la plus dangereuse du monde.

Ce à quoi j’ai répondu, telle une anglaise (que je ne suis pas) très flegmatique : « ici, au moins, y’a un rideau ».

Les ventres criant famines, nous sommes retournés à Tolmin. En cherchant un resto, nous croisons un gang de tatoués, puis un autre, et encore un autre… finalement on s’aperçoit que la ville (paumée dans la moyenne montagne slovène) est pleine de métalleux. Si c’est pas chelou ça ?

On finira par apprendre qu’il y a, à Tolmin, durant l’été un énorme festival punk et un énorme festival de métal.

Nous étions complètement dans notre élément quoi !! 

rock rock and roll hard rock rocknroll

(petite précision : ce n’est pas nous!)

C’est sur cette découverte, que nous nous retrouvons, je ne sais pas trop comment, dans un garage, deux portraits de Tito au dessus des tables, à manger des saucisses slovènes en écoutant du hard rock.

Et dire que j’ai attendu 33 ans et demi pour aller en Slovénie.

Une fois repus, nous retournons au camping, et là je découvre que le village où nous logeons s’appelle Volarje : prononcé Volarié en slovène, VolaRRRe en Espagnol, Vooooolaaaaaaaaaaaaaargggééééé en Mitchka.

Pendant 3 jours, impossible de me défaire de la chanson de Dominco Modugno, Volare.

Finalement, à bien y penser, j’ai dans l’idée que ces 3 jours ont du être longs pour Jac. (Mes filles, pleines d’admiration, achetées à grand coup d’amour maternel et de shokobon, pensant encore que je suis un génie de la chanson)

Le soir, en allant mettre un truc dans le frigo commun du camping, Jac apprend qu’on peut prendre ce qu’on veut dans le frigo du camping, il suffit de le noter dans un cahier avec son prénom, et de régler la note avant de partir.

Tout est une affaire de confiance.

Il y a donc encore dans ce monde, des gens qui se font confiance. Vous allez trouver ça bête, mais j’ai trouvé ça incroyable ! Aussi incroyable que les jouets que l’on trouve sur les aires de jeux au Québec et que personne ne vole.

Je me suis alors complètement détendue. Au diable la douche, nos fringues puaient déjà le voyageur au long cours et l’humidité de toute façon.

Le lendemain, j’ai passé la journée seule avec les filles, Jac étant parti en guidage de pêche toute la journée. Une journée à farnienter dans les cailloux au bord de la Soča, à faire de la balançoire-pneu dans le camping, et à discuter avec des danois, toujours aimables mais rarement compréhensifs.

L’ambiance dans le camping était détendue, tout le monde était souriant, tout le monde misérait pour se laver et tout le monde en rigolait. Certes, il n’y avait que 3 douches et 4 toilettes pour tout le camping mais ils étaient nettoyés en continu ; et il y avait, en permanence, des fleurs au dessus des lavabos ! Le matin, Vili, un mec adorable (qui n’était pas le gars enfumé qui nous avait reçu) était debout à 7h pour nettoyer et préparer des petits dej., vendre des produits du jardin et du pain frais. Le soir, il cuisinait des truites pêchées du jour et servait des immenses tablées jusque tard dans la soirée . La musique à fond la caisse, des enfants qui couraient dans tous les sens, et des rires qui fusaient de partout.

Un soir, alors que je faisais la vaisselle, j’ai même entendu un gars chantait Volare !

J’avais enfin retrouvé ma tribu originelle.

C’était franchement génial.

Le dernier jour, Jac est monté au préau pour aller aux toilettes et prendre une bière, il est redescendu tout sourire en me disant : « Tu vas pisser, y’a les Beatles à fond … si c’est pas le bonheur ça !! »

Il nous en faut peu, c’est vrai. Mais je crois que rien n’a ressemblé plus au bonheur que ces 3 jours passés au bord de la Soča, entourés de tous ces gens bien dans leurs pompes (et leur van), sans prise de tête… Pendant 3 jours, nous avons eu de nouveau 20 ans… mais 20 ans avec 15 ans de plus, c’est encore mieux, on en profite encore plus !

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Notre chez-nous
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Volaaarrrrgggggééééééé oooooohhhoohhhh
Next Time : Nos balades autour de Tolmin, une guest star et un petit chien !


Le Camp Vili c’est par ici : http://www.camp-vili.si/ 

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19 thoughts on “Mitchka vs Wild and Vili

  1. C’est avec un fou-rire que je termine la lecture de ton article. J’suis écroulée.
    Petit premièrement (comme disait ma prof de philo) je kiffe ces photos d’enfants sauvages.
    Petit deuxièmement je suis devenue trop « prout ma chère » pour camper à nouveau, mais dans cette ambiance why not.
    Petit troisièmement le coup de la douche, euh non merci, je laisse aux autres.
    Enfin pouvoir se servir dans le frigo c’est juste super. J’ai connu ça en Ecosse dans un petit shop (où tu trouves des légumes du jardin et des tas de produits artisanales savons, bijoux …) tu fais tes achats, tu paies dans ce qu’ils appellent la caisse d’honnêteté, tu te rends la monnaie si besoin et tu notes la transaction dans une sorte de tableau de bord. Je n’imaginais pas ça possible.
    Si je raconte à mes fils que des métaleux débarquent à Tolmin ils vont me saouler grave pour y aller…

    1. mais il faut y aller ! c’est trop beau et les slovènes sont trop gentils ! et puis comme ça, tu laisses tes garçons au festival (un peu comme les parents qui laissent leurs enfants dans les piscine à balles à Ikéa), vous allez vous balader, et hop vous récupérez les « petits » dans la soirée. Si c’est pas LE plan parfait ??

  2. Tu donnes envie de venir !! enfin pour ceux qui y habitent pas déjà 😉
    Content que ça t’ait plus.. un peu roots… il y a des camping plus « class » … mais t’aurais peut être moins apprécié du coup…

    Pour Sabrina et les autres, il y a 3 festivals : reggae : Overjam Festival , metal : Metal days et Punk : Punk Rock Holiday , faut dire que l’endroit est magnifique 🙂 .. allez voir dans google images 🙂

  3. Mais dis donc c’était le grand luxe ton camping slovène. 3 douches et 4 toilettes, ça explose tous les compteurs des campings islandais qui n’ont qu’une douche homme et une douche femme, idem pour les WC. En plus douche chronométrée, payante et à l’eau froide. Le paradis pour les princesses quoi.
    Tu m’as bien fait rire en tout cas. J’avoue que des murs autour de la douche c’est un minimum, lol.

    1. Et une bonne douche froide en Islande, ça doit être quelque chose !! Déjà en Slovénie, on se pelait les miches en plein mois d’août alors je ne veux pas imaginer là bas !! On s’inflige de ces trucs quand même … on doit être un peu barjes 🙂

    1. j’avoue que je l’avais oublié cette ambiance. On l’a eu bien connu y’a longtemps, presque une autre vie … et ça m’a fait du bien de retrouver ça 🙂

  4. Je ne vais surtout pas faire lire ton article a ma moitié lui qui déteste le camping sous tente c’est pas comme ça que j’arriverai a le convaincre même avec le côté bohème que moi perso je kifferai c’est mort !!! jte parle même pas de Lolytrotteuse presque 15 ans mon dieu suis morte de rire toute seule rien qu’en les imaginant tous les deux !! Ils sont pas possible ils connaissent rien de rien a la vraie vie. Moi ça me tenterai trop bien. Enfin si l’an prochain on part en Slovénie va falloir que je trouve autre chose que le camping..pas gagné cette histoire !!

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)