Nos débuts en anglo-slovène

Nous avons quitté Vérone doucement, à regret. C’est une ville dans laquelle je pourrais toujours passer et repasser sans jamais me lasser. Mais de nouvelles aventures nous attendaient en Slovénie. Et depuis le temps que nous attendions la Slovénie, il était temps d’aller l’explorer.

Mais le ciel n’était pas avec nous. Nous avions prévu 7 nuits de camping et une nuit à l’hôtel pour finir … mais dès le premier jour, de violents orages se sont annoncés, aussi nous a-t-il fallu trouver un hébergement à la dernière minute.

Nous voilà donc arrêtés sur une aire d’autoroute de la Sérinissime (true name de l’autoroute qui va à Venise) à chercher du WIFI désespérément. Le seul hôtel que nous trouvons dans nos prix ( à savoir moins de 100€ à 4) se situe à Idrija. Pas du tout là où nous voulions aller mais nous n’avons pas franchement le choix si on ne veut pas se ruiner.

De cette première journée en Slovénie nous garderons la sensation d’avoir vu le meilleur comme le pire (bon le pire, c’est exagéré, disons le plus froid) de ce que peut offrir ce pays au voyageur égaré.

Nos aventures slovènes ont commencé à Nova Gorica … ( pas la meilleure façon d’amorcer un voyage en Slovénie, je vous le dis tout de suite !)

Nova Gorica, comme son nom l’indique, est une nouvelle ville. En effet, après la seconde guerre mondiale, l’Italie et la Yougoslavie se sont partagés le coin, et la ville (longtemps autrichienne) de Gorizia devint italienne une bonne fois pour toute, mais ayant besoin d’un nouveau centre administratif pour la Primorska, le gouvernement yougoslave décide de bâtir, en 1947, une nouvelle ville … et c’est ainsi que Nova Gorica a vu le jour. Pendant plusieurs dizaines d’années les villes de Gorizia et Nova Gorica ont été séparées par un mini mur de Berlin (une grille prolongée par des haies et autres murets  parfois barbelés) tombé très officiellement en 2004. Aujourd’hui on passe d’une ville à l’autre sans vraiment s’en apercevoir.

Ville résolument moderne (trop), à l’urbanisme dit socialiste, Nova Gorica vous donne l’impression de parcourir un frigo vide. En ce 9 août, l’ambiance y est glaciale malgré les 31°C qu’affiche le thermomètre de la voiture.

Le centre ville (que nous avons miséré à trouver tant il ressemble à une simple allée entre 4 immeubles), est certes aéré mais n’est pas des plus accueillants. Un tour dans la fontaine pour rafraîchir les filles, une tentative à l’office de tourisme pour glaner quelques infos sur la pêche, et nous quittons sans regret la ville frontière.

Je n’ai pas de photo de Nova Gorica à vous proposer… je n’ai pas réussi à allumer mon appareil tant la ville ne m’a rien inspiré !

Nous devons nous rendre à Idrija mais il est encore tôt et je négocie un petit détour par Smartno. J’ai lu un jour, qu’on trouvait là, la plus belle vue de la Slovénie. Nous étions donc obligés de vérifier.

Mais avant de prendre la route de Smartno, nous faisons un petit détour pour que Jac puisse acheter son permis de pêche. Le gars, pas très sûr de son anglo-slovène, nous envoie le chercher à Tolmin ( nous n’avons jamais compris pourquoi !), mais nous maintenons notre idée de détour par Smartno.

Et nous ne l’avons pas pas regretté. Après Nova Gorica, Smartno a été notre jardin d’Eden !

La visite de Smartno ne prend pas plus de 20 minutes, 30 si vous traînez les pieds, mais si vous passez dans le coin, il vous faut faire le détour. Croquignolet à souhait, Smartno ne vous décevra pas.

Et la vue dans tout ça ?

Elle se laisse regarder 🙂

Le ciel toujours clément, nous avons continué notre route vers Tolmin (qui n’est absolument pas sur le chemin d’Idrija) pour aller récupérer le fameux permis de Jac.

Nous voilà tous les quatre dans un petit magasin de Tolmin, qui, entre un aspirateur et une canne à pêche, vend aussi des lunettes et des chaussures… Il nous faut un bon petit moment pour comprendre les propos de la gérante … son anglo-slovène est très très approximatif ! Quand on finit par comprendre : rien ne va plus, on ne peut pas acheter le permis ici … On nous envoie à Straža récupérer le bout de papier dans ce qui semble être un hôtel. Vous savez qu’il faut vraiment vouloir être en règle pour courir ainsi d’un bout à l’autre de Slovénie !

Nous arrivons à Straža, c’est très beau et très vert. Un bébé pleure et le monsieur à l’accueil est très agacé (le bébé qui pleure doit avoir un lien avec cet agacement, je suppose), et c’est donc en tirant la gueule (je n’ai pas trouvé de terme moins familier) qu’il fait le permis de Jac. Nous sommes sur le point de repartir quand nous nous apercevons que le gars ne lui a pas fait le permis pour le lendemain comme Jac l’a demandé mais pour le jour même !

Veuillez noter que c’est 60€/ jour un permis de pêche slovène, donc bizarrement quand vous le prenez vous avez envie d’en profiter une grosse partie de la journée…  mais là, il était déjà 19h.

Et c’est reparti pour une négociation dans un anglo-slovène nonchalant.

Permis en poche, nous prenons enfin la direction d’Idrija, notre point de chute pour les 2 prochaines nuits.

La nuit comme la pluie commence à tomber … il est temps de se poser.

Nous arrivons à l’hôtel toute Joujou hurlante. Je suppose que les 6h de route que nous avons fait pour trouver ce putain de permis y sont un peu pour quelque chose.

Nous lâchons des « She ‘s very tired » ou  des  » è molto stanca » (les slovènes de la région parlent très souvent l’italien) à tous les gens que nous croisons … phrase que prononcent tous les parents quand leurs enfants font une crise !

Généralement, quand mes enfants font une crise et que les gens me regardent avec pitié en me disant « elle est fatiguée », j’ai tendance à répondre « non, elle est juste pénible » … mais n’étant pas très bien renseignée sur le 2nd degré des slovènes, j’ai préféré m’en tenir à la version édulcorée du « oui, elle est fatiguée », même si j’en suis sûre, les slovènes devaient se dire « hmm… elle est surtout pénible ».

Joujou calmée, nous avons pu profiter de notre dernière soirée avant l’apocalypse. Le lendemain, c’est seulement entre deux averses que nous sortirons de notre chambre pour visiter la jolie Idrija…et découvrir la ville très très moche de Ajdovščina, et la magnifique route qui y mène, le tout sous une pluie torrentielle.

Bref, de nos premières 48h en Slovénie, nous en retiendrons plein de belles choses et plein de choses moins belles … ainsi sont fait les meilleurs voyages.

Et celui-ci ne faisait que commencer !


L’info en + 

BIG UP au Guest House Barbara où nous avons échoué par hasard, à Idrija. Nous avons été très bien reçus (malgré Joujou qui hurlait à la mort en arrivant), nous avons très bien dormi et très bien mangé ! Et pour la modique somme de 90€ les 2 nuits à 4 !!

L’info en + spécial fisherman

Durant notre mini séjour à Idrija, Jac a bravé l’apocalypse pour partir à la découverte de l’Idrijca et en a sorti 5 poissons 🙂

Notre balade sur la carte !

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19 thoughts on “Nos débuts en anglo-slovène

  1. Je l’attendais ce post… pas decu comme toujours 🙂
    Dire que Šmartno a failli disparaitre sans le travail acharne de passionnes…

    On attend la suite.. avec un guest de choix ! 😉

    Note: en galere.. il suffisait de m’appeler …
    @Chacha : je t’attends 😉

    1. figures toi que j’ai hésité un moment à t’appeler quand on misérait à trouver un hôtel mais je me voyais mal à débarquer à 4 chez toi alors qu’on se connaissait pas … et puis tu aurais pu être un psychopathe … ça on savait pas non plus 🙂

  2. Mais dit donc c’est beau la Slovénie et en voyant tes photos ont est a mille lieux d’imaginer qu’il a fait un temps pourrit !! Vivement la suite de vos aventures qu’on rigole encore !!

    1. oui, disons que j’ai sorti l’appareil seulement quand il y avait une once de lumière donc ça joue … mais on voit bien sur la 2 e série de photos que le temps n’est pas exceptionnel

    1. Oui le coin de Smartno est magnifique, c’est vraiment à découvrir.
      Pour la pêche, c’est très cher … mais c’est un peu la faute aux autrichiens, la pêche est encore plus chère chez eux, du coup ils vont en Slovénie pêcher, mais du coup les slovènes, malins, ne leur font pas cadeau de leurs rivières… et c’est ainsi que tu te retrouves avec des forfait à 60€/j. Merci les autrichiens !! Mais bon, il y a beaucoup de poissons ; généralement les pêcheurs en ont pour leur argent.

  3. Ce qui est sympa avec le fait que tu ne nous montres pas les villes moches, ni la pluie, c’est qu’on a très envie d’aller en Slovénie juste en regardant tes photos !

    1. Oui, je n’aime pas m’appesantir sur ce qui est moche. C’est moche, c’est moche, on va pas en faire des tonnes, surtout que la Slovénie vaut vraiment le déplacement donc autant développer sur ce qui vaut la peine 🙂

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)