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Agde sous la neige
Back StageMade In Hérault

Agde – un an plus tard

Agde sous la neige

Voilà un an (à dix jours près) que nous avons quitté Agen pour Agde. Mais n’allez pas croire que je viens ici dresser le bilan de cette première année. Faire le bilan signifie « mettre en perspective les événements positifs comme les impressions négatives (et vice-versa), réfléchir à nos réussites et nos échecs, les accepter, les assumer, pour finalement mieux avancer ».

Non, ce n’est pas mon truc.

Je manque assurément de maturité pour un exercice pareil. Je n’ai que 35 ans, je suis encore loin de l’âge de raison… mais l’atteindrai-je un jour ? Je suppose que la pollution atmosphérique aura raison de moi avant. (ce n’est sûrement pas plus mal ainsi)

Mais j’avais tout de même envie de venir ici pour partager mon enthousiasme vis-à-vis de l’année qui vient de s’écouler.

Certes, en un an nous avons eu des coups de moins bien (et même la grippe), nous avons rencontré des crétins, et la vie n’a pas été toujours rose. Mais nous n’avons jamais été aussi heureux que depuis que nous sommes ici. Je ne dis pas que nous resterons indéfiniment, mais pour aujourd’hui, ça nous convient.

Cette sensation d’être « bien ici et maintenant » au quotidien, je ne crois pas l’avoir ressentie souvent. La preuve en est que si nos projets de voyage sont toujours aussi présents dans notre vie, nous ne les vivons plus comme une nécessité à notre équilibre mental, mais simplement comme la promesse d’une belle aventure.

Nous vivons ici chaque sortie comme un plaisir gourmand. Chaque rencontre avec un flamant rose me rend euphorique (ce qui arrive quand même presque toutes les semaines !), chaque balade au bord de l’étang de Thau me rend muette d’admiration (et il en faut beaucoup pour me faire taire pourtant), et chaque arrivée au bord de la mer met toute la famille en joie…

 Avant de m’installer ici, je ne pensais pas que je pouvais autant aimer un lieu.

J’ai grandi dans un petit village dont je n’ai jamais eu l’impression d’être originaire. Si quitter notre maison, celle où j’ai grandi, me donna l’impression violente de couper le cordon ombilical qui me reliait à l’histoire de ma famille, quitter ce village pour ne jamais y retourner ne me sembla pas être une épreuve. Le Comminges est plus dans mon putain d’accent que dans ma tête.

Pendant longtemps, je me suis sentie toulousaine, j’ai aimé cette familiarité avec la ville, la sensation de connaître chacune de ses terminaisons nerveuses, j’ai aimé y faire naître mes filles (alors que nous habitions à Bordeaux puis Agen !), mais je l’ai quittée sans trop de regrets.

Je passe sur notre passage à Bordeaux, car un Toulousain ne sera jamais Bordelais. En ça, je suis vraiment toulousaine.

Puis vint le temps de vivre dans le Lot. Un nouveau rythme au milieu des vaches et des chevaux. Au sens strict : nous vivions vraiment dans une petite maison au milieu de ces animaux. Nous y avons été heureux, nous aurions pu prendre les habitudes de la campagne, acheter une maison encore plus paumée, et passer nos dimanches à tondre et jardiner. Mais le destin en a décidé autrement… et nous voilà en bord de Garonne, à Agen, et enfin ici, au bord de l’Hérault.

Agde, c’est la première ville que nous choisissons. Toulouse était un choix de nos parents ; Bordeaux, Gourdon (Lot), Agen : la nécessité d’un contrat de travail.

Un an plus tard, je peux affirmer que nous avons fait un bon choix. 

J’adore les ruelles d’Agde. Ce n’est pas du goût de tout le monde, mais peu m’importe l’avis des ignorants. J’aime déambuler le matin dans les quartiers du cœur de ville, j’aime y découvrir une nouvelle ruelle, une nouvelle porte ou tomber nez à nez avec un rayon de soleil extraordinairement bien tombé.

Je découvre la rivière Hérault, et petit à petit, j’apprends à la connaître, j’essaye de comprendre quelle lumière lui convient le mieux, et je profite du calme qu’elle draine dans ses flots.

Enfin, il y a l’Hérault, le département, qui nous conforte dans notre choix un peu plus à chaque découverte. Durant un an, j’ai observé minutieusement les paysages changer au gré des saisons, j’ai vu les raisins se former, et les feuilles de vigne se teinter d’orange avant de tomber. En ce moment, les bourgeons éclosent, les mimosas illuminent les rues et les campagnes. On ouvre grand les yeux, on contemple, on profite.

Dans le couloir de la maison, derrière la vitre le soleil nous réchauffe, les mouettes (ou les goélands – on ne va pas débattre) traversent le ciel, et il ne m’en faut pas plus pour me dire que le bonheur ne tient qu’à 4 déménagements.

Agde sous la neige et sous le soleil


L’Hérault — morceaux choisis

mimosa à pezenas
Mimosa dans les rues de Pézenas

Le mot de la Fin

À tout ça, je dois ajouter de merveilleuses rencontres, ici dans le cœur de ville, mais aussi, et surtout, dans la blogosphère. Depuis un an, j’ai bu des perriers, mangé des sandwichs improbables, visité des villes avec des personnes que je ne connaissais ni d’Adam ni d’Ève avant-hier.

Des personnes qui nous ont soutenu et encouragé à modifier la trajectoire de notre vie, qui me font rire et qui me lisent quand j’en ai besoin. Merci à tous ces ami(e)s sorti(e)s de nulle part, mais qui sont là.

Merci aussi à nos amis de toujours, moins présents, mais toujours tapis dans l’ombre ces derniers mois ; et enfin, de gros bisous à Ella.

Et un immense merci à ma maman sans laquelle, cette année, je n’aurais pas eu le temps d’écrire (ni de vivre).

Aimer c'est partager !

16 comments
    1. mitchka

      hahaha. Tu sais la ville a son côté obscur aussi… mais j’ai choisi de ne pas en parler parce que mettre en avant toujours ce qui ne va pas ce n’est pas forcément la meilleure façon de faire avancer les choses !

  1. Sabrina

    Je ne vais pas mais pas du tout être originale en te disant  » La vache! déjà un an! » Ton article est très émouvant.
    Sache que je suis sincère en te disant que depuis un an j’aime ta ville. J »aime ta région. Depuis que tu as commencé à nous en parler, illustrant tes premiers articles avec des photos de cette pierre sombre. Et pourtant…ça n’a pas toujours été le cas. Avant l’Herault j’aimais pas. J’y suis venue une paires d’année chez mon beau-frère qui vivait à Gignac et malheureusement je n’arrivais pas à apprécier. Te lire à vraiment changé ma vision. Vas comprendre.
    C’est magnifique que vous soyez épanouis et heureux de vos choix. Se sentir bien ici et maintenant c’est du bonheur ça ma p’tite dame.
    Euh… sinon pour la licorne, euh..non merci, ça ira.

    1. mitchka

      Quoi tu ne veux pas de ma licorne ???
      Bon, tant pis ! Je suis ravie de t’avoir donner une autre image de l’Hérault, et j’espère qu’un jour je pourrais te faire découvrir des jolis lieux comme tu l’as fait à Paris avec nous 🙂

  2. Laurent

    Commencer un billet sur Adge avec une photo de neige, ça n’est pas hippie, c’est punk 😉
    Et cette histoire de « puis vint le temps de vivre dans le Lot » qui m’avait à ce jour échappée m’a fait sourire, va savoir pourquoi 😉

    1. mitchka

      haha. mais apparemment le Lot ne veut plus de nous !! ^^
      et oui la neige à Agde, c’est très punk attitude … mais c’est rare : je crois (modestement) qu’elle est tombée pour nous :p

  3. Petoulette

    J’espère pouvoir te rencontrer maintenant que je me suis installée moi aussi dans cette belle région. J’ai grandi à Montpellier mais je ne connais pas du tout Agde, ça serait une bonne occasion.

    1. mitchka

      oui j’espère aussi. Ou peut-être qu’on arrivera à se croiser à Montpellier. On voulait aller à l’apéro voyageurs le mois dernier … et puis il s’est mis à neiger …nos tentatives de sociabilisation sont un échec pour l’instant !!

  4. Martine

    Tu sais toujours trouver les mots pour nous partager tes ressentis. C’est beau! Tes photos sont belles aussi ça donne envie de venir faire un tour à Agueudeu (pr plagier un blogueur allergique aux chats). Heureuse de te savoir heureuse dans ta nouvelle vi-ll-e.

  5. Isa

    Etre bien « centré », c’est à la fois le plus difficile, et le plus important !
    Et c’est génial que vous vous soyez trouvés à Agde, au bon endroit, au bon moment. C’est pas si dégueu de vivre près de la mer 🙂

Pour chaque commentaire laissé, nous vous livrons une licorne (frais de port à votre charge)

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