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gorges de la Restonica - Corse
CorseFrance

Nos aventures corses, acte 3 : into the wild

gorges de la Restonica - Corse

Avant-Propos

Le titre « into the wild » est complètement abusif… mais ça me plaisait bien !

Récit

Nous avons quitté le sud de l’île sous un soleil qui perçait difficilement, et avons longé la côté jusqu’à Aléria avant de commencer notre ascension dans la montagne. Ces montagnes nous les attendions avec impatience. Nous n’avions pas encore atteint Corte que Jac était déjà frustré, une fois n’est pas coutume les cannes à pêche n’étaient pas du voyage (en même temps ce n’était pas la saison de pêche, faut bien que les poissons aient la paix de temps en temps), et les premières rivières lui brisaient le cœur…

Malgré les nuages lourds qui pesaient sur nous, la lumière de l’automne sublimait le paysage. (poh ! encore une phrase magique, non?) Nous sommes arrivés à Corte assez tôt, et nous avons fait une première balade … comme Sartène, la ville semble figée dans le passé. S’ils nous ont paru un peu bourrus au premier abord (mais beaucoup moins qu’un ariégeois de la 14e génération), les habitants de Corte ont été très accueillants et très bavards… bien plus qu’ailleurs. Et chaque rencontre a été intéressante, et souvent drôle.

Après avoir fait le tour de la ville, les nuages devenant de plus en plus menaçants, nous nous sommes réfugiés dans un bar. Le patron du bistrot nous demande d’où on vient, où on va, etc. On fait la conversation… Et puis, on parle de la pluie qui arrive…enfin d’après nous. Il jette un œil par la fenêtre et nous lance « Oh non, vous pouvez sortir, il ne pleuvra pas avant demain, vous savez il pleut rarement en Corse » (celle là, si on l’a pas entendu 1000 fois …). Sceptiques, nous finissons par sortir de notre cachette, et bien sûr nous n’avons pas fait 20 mètres que nous ramassons des seaux d’eau sur la tête… et sinon il ne pleut jamais en Corse !! Alors les mauvaises langues diront que ce monsieur a voulu nous jouer un vilain tour… nous, nous pensons qu’il veut vraiment continuer à croire qu’il ne pleut jamais en Corse !

C’est donc humides que nous sommes arrivés à notre B&B, là nous découvrons une chambre chère et spartiate (pas vraiment nos premiers critères en matière de logement, mais en octobre, il n’y a pas grand chose d’ouvert dans la coin) mais elle a la qualité d’être au sec !

En redescendant de notre nid, nous rencontrons le propriétaire des lieux, un Pater Patriae, gentiment bourru et fier de sa personne, mais très sympathique et plutôt bavard. Nous discutons de ci de ça, de la France et de la Corse. Il nous dit que la Corse regroupe TOUS les paysages du monde mais doit, à regret, émettre une exception : le paysage du Grand Canyon, ça, même en cherchant bien, il n’y a pas ici ! Il nous dit aussi qu’en dehors de Bonifacio, aucune ville corse ne mérite vraiment une visite (je ne serais pas aussi catégorique mais bon…), et puis il continue… (Attention les propos qui vont suivre peuvent heurter la sensibilité des géographes)

« Une ville c’est une ville, Bonifacio est exceptionnelle de par sa situation et son histoire, mais après non … les villes sont toutes les mêmes. Moi même, je rentre de Bangkok… bon beh c’est une ville, c’est Corte en un peu plus grand ».

Alors je dois avouer que nous avons eu du mal à nous contenir quand nous avons compris qu’il était sérieux, aussi les expressions rieuses qui ont  dû naître automatiquement sur nos visages l’ont poussé à atténuer son propos… « bon disons c’est Corte avec … vous savez ces tours là modernes… » ( des buildings).

Bon, comme nous ne sommes jamais allés à Bangkok, nous n’avons pu qu’apprécier poliment ses propos.

Après cette leçon d’urbanisme, nous sommes allés manger. Nous avons eu la chance d’atterrir dans un petit restaurant très sympa et très bon, l’Authentic. Nous avons eu là aussi le loisir de converser avec trois bonhommes, qui ont été ravis de nous savoir (d’origine) basques… En passant, je préciserais que toutes les conversations que nous avons eu avec les locaux partaient souvent de leur curiosité au sujet des prénoms de nos filles, et quand on leur disait que le prénom de Nounou était basque, vous pouvez être sûrs que nous devenions immédiatement leurs frères d’armes. Et c’est grâce à ce petit détail que nous avons sympathisé avec tout un tas de personnes tout au long de la semaine, dont ces trois messieurs qui nous ont longuement félicité de faire vivre l’identité basque … Et nous  nous sommes séparés en louant les forces corses, basques et bretonnes (?) !!

Si vous vous posez la question : non, nous ne sommes pas des indépendantistes basques ! Nos origines, à tous les deux, sont plus ou moins lointaines même si le nom de Jac est à lui seul une ôde à la terre basque.

Le lendemain matin, nous avons eu la chance de découvrir (ô miracle) un beau ciel bleu, nous espérions un petit-déjeuner rapide mais nous sommes tombés sur une dame très étrange qui nous a tenu un discours bien plus étrange encore, à savoir que les banques appuieraient bientôt sur Reset, et que ce jour là, la mafia corse irait exploser la tête de tous les banquiers …

Mouais mouais mouais…

Je ne sais plus vraiment comment, mais nous avons réussi à nous échapper et nous avons pris la route qui remonte le cours de la Restonica.

Il était 8h30… (et c’est là que je me dis que nos journées sont vraiment trèèès longues !) La montagne était magnifique.

Je marche beaucoup, en ville, en forêt, en pleine campagne, mais  très rarement en montagne. En fait, je vais très rarement en montagne, je les regarde de loin, d’en bas, mais je les attaque rarement : elles ne veulent pas de moi. Depuis toujours (ou presque), ma tête menace d’exploser dès que je dépasse les 1000m d’altitude. Très tôt j’ai dû faire le deuil du Machu Picchu, et la montagne et moi en sommes restées là. Et puis cet été, après une modification de mon traitement anti-hypertenseur (parce que je fais de l’hypertension artérielle depuis toute petite) et une perte de poids importante (parce que je fais partie de ces filles détestables qui prennent 8 kilos pendant leur grossesse et en perdent 18 en retour), je me suis aperçue que l’altitude semblait moins pesante sur mon crâne qu’auparavant. Alors nous avons tenté l’expérience car je mourrais d’envie de m’aventurer dans la montagne corse. Comme il s’agissait d’une première depuis 20 ans, et comme nous n’envisageons pas de gravir l’Annapurna dans un futur proche, nous avons choisi une randonnée facile et pas trop élevée (1700m), celle du lac de Melo.

J’ai été ravie de réaliser que je grimpais sans difficulté … bon je n’ai pas vraiment de mérite parce que c’est vraiment une marche facile, mais considérez tout de même qu’il faisait 5°C, que j’avais les 11,6 kilos de Joujou sur le dos et les pieds mouillés au bout de 200m parce que des ruisseaux nous barraient le chemin un peu tout le temps… alors ça ne fait pas de moi le pendant féminin de Bear Grylls mais quand même c’était, et ça reste, une petite victoire !

La première à fatiguer a été Nounou, elle commençait à bougonner et Jac voyait arriver le moment où il devrait la ramener à bout de bras jusqu’à la voiture ; à côté de ça, le sentier était de plus en plus inondé. Quand j’ai vu une famille avec un adolescent qui misérait pour traverser un large ruisseau 100m devant nous, nous avons décidé de rebrousser chemin. C’est dommage car nous n’étions plus très loin du lac de Melo… mais le paysage était si beau tout au long de la balade que notre déception fut légère…

Epilogue

Au total, nous avons marché 2h30, pas de quoi contacter le Guinness Book mais nous étions contents … et surtout je n’avais pas mal à la tête : un monde nouveau s’ouvrait à moi ! En redescendant, alors que des vaches semblaient vouloir nous barrer la route, j’ai senti comme un étau invisible qui se relâchait autour de mon crâne, rien de très douloureux mais assez pour me faire comprendre que je n’étais tout de même pas prête pour le Machu Picchu.

13 comments
  1. chacha Aventurière

    C’est toi le Chè Guevara du Pays Basque ! Nice to meet you m’dame
    Génial de commencer sa journée avec ton blog …raconte moi encore tes aventures spléééé !

    1. fish & child

      Ça m’arrive tout le temps d’oublier des mots : Demandes à mes correcteurs !
      Et sinon oui c’est vraiment un monde à part la corse…ou en tout cas ce n’est pas la France, ça c’est sûr! Je pense comprendre un peu mieux leur aspiration à l’indépendance maintenant…

  2. Lili

    Mouais mouais la vue, peut mieux faire, on a beaucoup mieux en Bretagne !! Blague à part, j’ai vécu en Corse toute petite et i est grand temps que je retourne y faire un tour !! Histoire de raviver tout ça !

    1. fish & child

      chuut ! faut pas dénigrer la Corse comme ça … les représailles envers la Bretagne pourraient être énormes !
      Blague à part, je connais peu la Bretagne (je me suis arrêtée à Vannes/Quiberon/Rennes/Saint-Malo en gros) donc je ne peux pas confirmer tes dires … faudra que tu m’invites ! 😀

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