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La voie verte au bord de l'Huisne - Orne
France

Notre automne haut perché

La voie verte au bord de l'Huisne - Orne

Il y a quelques mois, nous avons été contactés par Gîtes de France qui souhaitait nous faire découvrir un gîte de pêche. Le lieu semblait coller à notre façon de voyager, aussi comme nous sommes des gens raisonnables, nous avons immédiatement accepté… mais sans savoir vraiment où cela se trouvait  !

Car lorsque Tiphaine, la community manager de la marque, nous a dit « c’est dans l’Orne »… on lui a répondu : « Ok super !! »… alors que Jac comme moi, on pensait « hein, où ??? ». Bien sûr, nous sommes blogueurs voyage, donc nous maîtrisons parfaitement nos réactions face à notre manque de connaissances géographiques… aussi, sommes-nous restés sur le « Ok, super ! »

Oui, je l’avoue : je ne situais pas du tout l’Orne ! Mais j’ai une excuse : je suis sudiste, et au-dessus de Clermont-Ferrand, ma vision se trouble. Aussi a-t-il fallu une recherche méticuleuse de 3 minutes sur Google pour nous permettre de localiser l’Orne. Chose faite, nous étions ravis à l’idée de remonter la France, et de traverser le pays, comme nous l’avions déjà fait en 2003 (à l’époque, on était jeune, mais nous étions moins beaux je trouve… mais c’est un autre débat).

Enfin, voilà l’automne, nous savons à présent exactement où nous devons nous rendre, soit à Gémages, dans le Parc Naturel Régional du Perche.

Le Perche sonne doux à mes oreilles, si l’Orne (honte à moi) ne m’évoquait rien, le Perche au contraire me renvoyait à des clichés verdoyants, et à l’amour que porte l’un de mes amis aux vaches percheronnes. Bref, en ce début de vacances, j’étais impatiente de mettre le cap au nord !

Parce que nous ne sommes que des êtres humains, nous avons décidé de faire une halte sur le chemin, histoire d’attaquer le Perche dans la joie et la bonne humeur, plutôt que dans la fatigue et les bouderies de 8 h de voiture.

Notre patience ayant eu raison de nous un peu avant d’arriver à Orléans, c’est là que nous avons posé nos nerfs pour la nuit.

Ce fut une escale bien agréable, bien que notre fille aînée, s’étant prise de passion pour l’histoire de Jeanne d’Arc, nous a saoulés de questions sur la guerre de 100 ans (que bien sûr nous maîtrisons parfaitement… autant que la géolocalisation de l’Orne, on va dire) et autre bûcher anglais, pendant 3 jours.

Pour le plaisir, quelques photos d’Orléans…

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Le lendemain, c’est pleins d’impatience (tu m’étonnes après 751 km !!) que nous avons atteint le Perche… et pour ne pas perdre de temps, nous sommes allés faire un tour à la Maison du Parc où nous avons été merveilleusement bien accueillis (c’est toujours bien de mentionner les rencontres agréables, vous ne trouvez pas ?). Après quelques échanges d’informations, nous sommes partis découvrir le lieu : un manoir, des chevaux, des ânes, des expositions, des ruches, un resto… voilà tout ce qui vous attend à la Maison de Parc Naturel Régional du Perche… et même sous le ciel gris, le lieu reste agréable…

Au cœur du Perche

Pendant 4 jours, nous avons profité du Perche, de son calme, de ses vallons, de cet automne dont nous voyons peu les couleurs à Agde. J’ai grandi dans une campagne qui ressemble sensiblement à celle-ci : des champs parsemés de bois, des tournesols qui ne savent plus vers quels rayons se tourner, des animaux toujours curieux de savoir si le facteur est à l’heure aujourd’hui… J’ai beaucoup pensé au Comminges pendant ces quatre jours, et au Lot que je chéris tendrement. Je me suis aperçue à quel point la campagne me manquait, et j’ai profité pleinement de ces journées, plus ou moins ensoleillées, à gambader avec mes filles sur les sentiers orangers.

Je me suis imaginée mille fois prenant possession d’une de ces maisons/manoirs (à pouvoir choisir, je vais prendre un manoir), les enfants jouant avec le chien dans le parc (parce que les manoirs n’ont pas de jardin, ils ont des parcs, et ils ont TOUJOURS un chien !), Jac pêchant dans l’étang du parc avec le voisin (Caroline Ingalls sors de ce corps !!). Vous l’aurez compris, le Perche est un terrain de rêverie extraordinaire pour tous ceux qui manquent de nature verdoyante. Je comprends que les Parisiens soient si friands de la région.

Le Moulin de Gémages où nous avons posé valises, doudous et cannes à pêche, est un petit cocon, un lieu charmant, où l’on peut rester plusieurs journées entières sans jamais s’ennuyer une seconde… Naturellement si vous êtes pêcheurs à la mouche, vous serez ici le plus heureux, avec 6 hectares de prairie, 12 plans d’eau et 3 km de berges, vous aurez de quoi vous occuper !!

Mais, c’est aussi un lieu parfait pour séjourner en famille. Lorsque Jac pêchait, les filles et moi sommes allées nous promener dans les alentours. Pas la peine de prendre la voiture pour trouver une balade : les balades sont partout autour de vous !

Jac a eu l’occasion de discuter avec d’autres pêcheurs résidents au Moulin en même temps que nous, des passionnées qui s’offraient là un aparté halieutique en solitaire, ou des papas venus avec leur fils partager quelques jours de pêche. Il est vrai que pour initier son enfant à la pêche à la mouche, lui faire aimer le sport, le lieu est idéal : c’est beau, c’est sécurisé (sauf si bien sûr votre gamin décide de se jeter à l’eau !), et ce n’est fréquenté que par des passionnés donc propice à l’échange. Notre fille aînée a accompagné Jac durant plus de 2 h sur le parcours, et elle a pris énormément de plaisir… elle en redemandait le lendemain !!

Mais n’allez pas croire que nous avons passé 4 jours à regarder les pommes tomber des pommiers, nous avons aussi parcouru la campagne au gré des panneaux et de nos envies…

Sur les bords de l’Huisne…

Le lendemain de notre arrivée, le soleil n’avait pas envie de sortir, mais n’ayant peur de rien, pas même de la grisaille normande, nous sommes partis nous promener le long de l’Huisne. La voie verte que nous avons empruntée relie Alençon à Condé-sur-Huisne ; un chemin long de 67 km, que vous pouvez aussi bien découvrir à vélo qu’à pied (à noter : que c’est un tronçon de la Véloscénie qui part de Paris pour rejoindre le Mont-Saint-Michel). 

De notre côté, nous avons décidé de faire un tour dans les environs de Boissy-Maugis afin de longer la rivière : Jac voulait y jeter un œil de pêcheur.

Malgré des nuages plus que menaçants, le ciel s’est maintenu et nous avons pu profiter de la balade… (tous, non ! Joujou, 3 ans, a passé 1 h à nous dire qu’il faisait « trop froid dans ce pays »… j’vous jure ces sudistes ^^)

Dans la forêt de Bellême…

Si je ne devais retenir qu’un lieu, ce serait la forêt de Bellême, elle m’a enchanté ! Couvrant plus de 2400 hectares, on peut la sillonner en vélo, à pied, en voiture, en trottinette (quoique ça doit être assez fatigant)… Souvenir d’une des plus belles forêts de l’antiquité, devenue domaine royal au XIIIe siècle, puis forêt domaniale durant la Révolution, la forêt de Bellême est constituée en majorité de chênes rouvres de belle qualité qui participent à sa réputation. Ici, les arbres comptent non plus leurs années, mais leurs siècles, comme le chêne de l’École, le plus ancien, qui a soufflé cette année sa 351e bougie !

Mais le Perche, ce n’est pas que des forêts et des champs… ce sont aussi d’incroyables bâtisses à faire pâlir de jalousie les propriétés royales les plus cossues, d’ailleurs certaines d’entre elles ne minaudent pas avec les appellations et prennent sans rougir le nom de « château ».

Les Manoirs, on en parle…

Partout où sommes passés, nous avons été bluffés par la joliesse des maisons et par le bel état de préservation des villages. Il y a tant de campagnes qui tombent en ruine, c’est agréable de trouver un monde rural qui se tient debout.

Les manoirs sont les perles de cette architecture percheronne, souvent postés au sommet des collines, dominant leurs terres. Souvenirs laissés par la bourgeoisie du XVe- XVIe siècle, ils témoignent encore aujourd’hui de la richesse de la région.

En dehors du manoir de Courboyer, sur le site de la Maison du Parc, ouvert toute l’année aux visiteurs, les autres manoirs (une centaine tout de même !!) sont privés. L’été, de nombreux propriétaires ouvrent leurs portes, mais lors de notre venue, en octobre, ils étaient malheureusement tous fermés (en tout cas, nous n’avons pas réussi à forcer l’entrée d’un seul d’entre eux !).

Si notre arrivée dans le Perche fut un peu mitigée… (deux jours de pluie, ce n’est pas le must pour découvrir une campagne !), nous avons vraiment été conquis dès que le soleil est sorti, nous permettant ainsi de profiter pleinement de cet environnement, bien qu’en 4 jours, nous sommes loin d’en avoir fait le tour. D’ailleurs nous sommes partis avec un petit regret : ne pas avoir pu visiter un ou deux manoirs pour parfaire notre découverte de la région. Mais nous nous sommes consolés dans l’Eure-et-Loir (mais toujours dans le PNR du Perche) en quittant Gémages… nous en reparlerons, c’est promis ! 🙂

campagne percheronne au lever du soleil


Le Perche en pratique !

Pour les parisiens, le Perche c’est à 1 h 30 de train.

Pour les sudistes, je vous jure que ça vaut le coup de traverser la France ! Je peux vous organiser un circuit découverte sur le chemin si vous voulez. 🙂

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Comme mentionné en introduction, ce séjour a été organisé en partenariat avec Gîtes de France et Loisirs Accueil Orne mais je promets solennellement penser tout ce que j’ai écrit !! (oui je sais, c’est incroyable !)

L'automne haut perché par Fish & Child(ren)

 

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25 comments
  1. isa

    Elle est jolie, cette campagne… Je ne pense pas quitter mon Sud et traverser la France pour la voir (ma région est bien pourvue en campagnes remarquables – ouuuuh la chauvine !!). Tes photos sont particulierement belles. Tout est paisible 🙂

    1. mitchka

      merci Isa, mais je suis choquée de lire que tu traverseras pas la France pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs, ton esprit d’aventure semble baisser !!

  2. Sophie

    Un hébergement à partir duquel tu peux partir faire plein de balades sans prendre la voiture, pour moi c’est le rêve !! Bon la peche, j’aimais cela dans mon enfance (si, si, je suis championne de peche à l’anguille!) mais je me suis désintoxiquée depuis.
    Je suis parisienne, enfin banlieusarde, et je ne connais pas le perche, comme quoi, j’en ai encore des choses à découvrir à moins de 2h de Paris !!
    Tes photos sont superbes, et les manoirs font rêver.

  3. Benoît

    Ma chérie est normande et de l’Orne alors autant te dire que je commence à connaître ! Et franchement j’adore ! C’est la campagne quoi, la vraie de vrai ! La prochaine fois, tentez vous du côté de Domfront et de la route du fer, c’est très intéressant et c’est vert… C’est l’Orne !

  4. chachaaventuriere

    L’Orne, je l’ai traversé des années sans jamais vraiment m’arrêter lorsque nous allions en bretagne. Je me souviens comment je la trouvais belle depuis la vitre de la voiture, combien de fois j’ai eu envie de m’y arrêter de partir parcourir ses fôrets. Mais dans un sens comme dans l’autre,nous étions pressés d’arriver à destination.
    Merci de m’avoir fait remonter ses beaux souvenirs à la surface avec tes jolies photos, et un article des plus attachants.
    Bizzz #TF

  5. Caro

    Très joli billet, plein de feuilles et de forêts, qui met bien en valeur cette belle région, que je ne connais pas non plus, mais que je sais à peu près situer. Mais je n’ai aucun mérite, je suis une nordiste moi (du moins, au-dessous de Nantes ma vue se brouille aussi !).

  6. Voyager en photos

    J’ai beaucoup ce coin de France. On a la chance d’habiter un peu plus près que toi et c’est devenu notre destination idéale pour nos weeks-end d’été. C’est un peu le seul endroit depuis Paris où tu peux aller faire un week end au vert quand il fait beau sans avoir des heures de bouchon 🙂 et puis comme tu le dit c’est plein de belles balade, c’est calme et valonné, la jolie campagne comme je l’aime (tout le contraire de la Beauce lol)

  7. Paule-Elise

    On a traversé plein de fois ce coin en autoroute pour aller en Mayenne dans la famille d’Hélène, et ça m’avait l’air au moins aussi perdu que la Mayenne justement (c’est dire). Mais en fait, les endroits perdus, c’est chouette. Merci pour la découverte 😉

  8. Sabrina

    Oh punaise! Ce château de Morthimer! Et les autres du reste. Vous vous êtes régalés.
    Déjà tu n’as pas à te justifier, on croit ce que tu écris non mais. Et on aime surtout la façon dont tu l’écris.
    Rien que ton intro prouve ta sincérité et en plus tu me fais marrer.
    Moi non plus je ne situais pas l’Orne avant de te lire.
    Superbe reportage de votre beau séjour. Y a pas, ça donne envie de découvrir ce coin.
    Question, les non pécheurs sont acceptés ou f

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)