Penchez moi cette tour que je ne saurais voir …

Lundi 1er Août, nous nous réveillons au Paradis.

Enfin le Paradis c’est vite dit.

La veille, nous avons traversé la frontière franco-italienne et nous nous sommes arrêtés pour une nuit sur les hauteurs d’Imperia (en Liguria).. chez un être mi-homme mi-ours !

L’adresse du B&B que nous avons réservé n’est pas très détaillée, juste le nom d’une rue… qui se transforme assez rapidement en weak road (comprendre « route ultra pourrie » si vous n’avez pas suivi nos aventures mulliennes ) . Nous avons beau scruter chaque maison, chaque coin de rue, aucun panneau ne nous renseigne sur notre destination. On continue toujours tout droit en cherchant à faire demi-tour. Le chemin devient vraiment difficile, et puis tout d’un coup il s’arrête ! En face de nous, une ruelle descend à pic entre quelques maisonnettes, et la place dont nous avons besoin pour faire demi tour avec notre break est quasi inexistante. Et surtout : toujours pas la moindre trace de notre B&B. Je descend dans le hameau, je tente une demande d’informations aux (2) passants que je croise. Personne n’a entendu parler d’un B&B dans le coin !

Ruelle qui descend !

J’appelle. Mon italien est certes rouillé mais si mon interlocuteur fait l’effort de ne pas parler trop vite, ça devrait aller. Mon interlocuteur ne fait aucun effort. Il fait chaud, les filles s’impatientent, je vois l’oeil de Jac qui cherche comment il va faire demi-tour dans ce mouchoir de poche, et moi je cherche à comprendre ce que me raconte le mec du B&B. J’ai comme l’impression que c’est très très long …

Voilà maintenant 5 minutes que j’explique à mon interlocuteur que nous sommes au bout de la route, que notre voiture est trop grosse pour descendre  dans la ruelle, que nous n’avons pas vu leur maison, etc. . Cinq minutes à m’égosiller (difficilement) en italien, quand le mec me lâche dans un gros soupir « Arrivo, arrivo ».

Et là, à moins de 30 mètres dans la ruelle sort une petite voiture qui remonte, pied au plancher, la côte.

Sérieux gars !! Tu pouvais pas sortir de chez toi avant, jeter un œil dans la rue !!

Descend de la petite bagnole, un mec, la quarantaine pas  brillante, le cheveux gras et le regard bougon, qui nous explique vaguement comment nous garer. On se gare (non sans mal). Nous l’avons sûrement dérangé dans sa sieste, et semble avoir hâte d’y retourner… et je suppose que c’est cette hâte qui l’a amené à ouvrir le coffre de notre voiture sans rien demander. Notre coffre est blindé, la moitié de nos affaires viennent s’écraser sur ses pieds.

Bon an mal an, nous chargeons nos affaires dans sa Fiat (c’était peut-être pas une Fiat, mais on va dire que si, ok?), et nous descendons à pied les 30 mètres qui nous sépare de la maison. Et là… une petite chambre pour 2 personnes nous attend.

Alors certes les filles sont pas bien grandes… mais à 4 dans un lit en 140, c’est un peu juste.

Le propriétaire bougonne, (je ne suis pas sûre qu’il sache faire autre chose) : il n’avait pas vu que la réservation était pour 4. Il n’y a plus de chambre de dispo… Il n’a pas l’air prompt à nous trouver une solution. Heureusement sa femme arrive, et en quelques minutes, avec l’aide de son fils, elle nous trouve un lit de camp. Je dormirai avec les filles et Jac sur le petit lit. Les choses s’arrangent.

On fait le tour du propriétaire. Le lieu est incroyable. Nous ne sommes pas sûrs d’avoir, un jour, bénéficié d’une vue aussi spectaculaire.

Nous avons quelques heures de route dans les pattes, et nous sommes heureux de profiter de ce site privilégié.

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Enfin, c’est bien joli les fleurs, la piscine et tout ça, mais rapidement, il est l’heure de manger … ce qui veut dire sortir la voiture de son trou. On remonte la ruelle. On retrouve la voiture. Jac me demande de le guider (grosse erreur) … il avance, il manoeuvre, un coup à droite, un coup à gauche, il fait des trucs avec le volant, je dis des trucs du genre « ouais ouais vas-y, tu peux reculer »… et j’entends « crrrrrrrrrrr ».

Maintenant notre voiture est grise avec une jolie bande verte sur le côté droit.

En même temps, je sais à peine me garer en avant, c’était étrange de me demander de le guider dans cet espace ridiculement petit – j’aurais dû prendre des photos pour vous montrer ce lieu « insolite » mais Jac l’aurait mal pris … il manque d’humour parfois …

Jac arrive à faire demi tour. On va pouvoir aller manger.

Baie de Diano Marina depuis le « parking » du B&B

En descendant sur Imperia, on se perd : une route, une bifurcation et nous voilà, sans l’avoir jamais voulu, à Diano Marina.

Des plages privées partout, des parasols qui s’étendent sur des kilomètres (ok, j’exagère, disons quelques centaines de mètres), du monde jusqu’à étouffement ; disons le : c’est super relou ! C’est l’Italie au mois d’août.

Rapidement nous quittons le bord de mer pour nous engouffrer dans les rues du village. Il y a du monde mais c’est assez agréable…

La fin de soirée est douce, et on oublie (un peu) nos péripéties de la journée.

Il fait presque nuit quand nous retournons au B&B. Nous passons par l’arrière pays pour rentrer. La Liguria s’éteint doucement devant nous, le spectacle est magnifique.

et je n’ai pas fait de photo parce que j’étais crevée !

Le lendemain matin, c’est l’œil collé et les cheveux encore plus gras que notre hôte nous prépare le petit déjeuner ; nous essayons de profiter des dernières secondes qu’il nous reste à passer ici.

C’est sûr, notre hôte était un ours crado, la chambre était loin d’être rutilante (je préfère passer sur l’état des couvertures !) , le petit-déj était franchement léger, sans oublier la bagnole rayée (et je ne vous ai pas parlé du raclage de châssis en faisant demi-tour juste après la rayure … ce qui nous a obligé à vérifier pendant 24h si on perdait pas de l’huile ou autre boulon nécessaire à la bonne tenue de l’ensemble), mais le site était, et reste, exceptionnel.

Baie d'Imperia
Baie d’Imperia

Nous prenons congé de l’ours rapidement et nous nous mettons en route pour Livourne où nous attend notre ferry pour la Sardaigne. Les tunnels se succèdent, la route se resserre rapidement, les camions font n’importe quoi, le périph de Gênes est complètement bouché … et rapidement ça devient l’enfer. Vers 11h, alors que nous avons tout juste passé Gênes, on craque, on s’arrête, et on va se poser sur le plage (non privée) de Sori.

Un château de sable et une assiette de spaghettis plus tard, nous reprenons la route. Il est tout juste 13h, toute l’Italie est à table, l’autoroute est vide. A 15h, nous sommes à Pise.

Pise. Voilà un bon mois que Nounou nous rebat les oreilles avec la tour de Pise. Ce voyage n’avait, pour elle, qu’un seul but : voir la tour de Pise et en acheter une miniature.

On entre-aperçoit le centre historique qui a l’air magnifique. Mais la piazza dei Miracoli où s’élève le campanile est un peu excentré, et nous ne verrons presque rien de la ville.

Nous nous garons (encore) et cinq minutes plus tard, nous sommes sur la place entourés d’un demi milliard de touristes, tous un bras en l’air, tenant la pose « pour LA photo ».

Nous guettons la réaction de Nounou … qui ne se fait pas attendre :

 » Mais moi je pensais qu’elle penchait plus. Elle penche presque pas !! Et puis, pourquoi il y a des touristes partout !! On va pas pouvoir faire de photos !! Il y a trop de monde » 

Bon ça c’est la version soft sans la crise de nerf qui a suivi.

Finalement, nous arrivons à calmer Nounou, super déçue par cette tour « pas assez penchée » de Pise ; et Jac nous oblige à faire LA photo super kitchouille, le bras en l’air qui tient le campanile, que tout le monde fait.

Moi, je la trouve très correctement penchée cette tour …

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On manque un chouïa de synchronisation !!

Une tour miniature à 1€ et deux glaces à 23€ plus tard, nous reprenons le chemin de Livourne et de notre ferry pour enfin rejoindre la Sardaigne après 3 jours de route.

Arrivée à Livourne
En partance pour nos aventures sardes …

Ainsi a réellement commencé notre voyage. Bon, en fait, il a commencé 48h plus tôt, mais j’ai décidé de passer sur le côté « France » … je me le garde sous le coude pour des articles #EnFranceAussi – je truque un peu le récit … mais, je pense que nous serons tous d’accord pour dire qu’on s’en cogne !

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7 thoughts on “Penchez moi cette tour que je ne saurais voir …

  1. Elle a raison ta choupette, j’ai moi aussi été un chouille déçue en arrivant à Pise. Tout est très trop rutilant, trop « neuf ». Il y a comme un coté Disneyland. Bref ça sonne faux. Toujours est il l’Italie reste une belle destination.
    Superbe ton escale sur les hauteurs d’Imperia. Je parle de la vue pas du crado à la tignasse grasse bien sur.

    1. Je suis d’accord, tout ce blanc poli ça fait parc d’attraction… d’ailleurs tien, cadeau, je te mets 2 photos, sur Twitter, que j’ai pris là bas pour confirmer tes dires !

  2. 2 choses poulette … me oarler de Pise juste au moment ou je reçois un joli PVT de 124€ parce que je suis passé dans une AZT … c’est sympa …Deuxio, avec Heito nous sommes morts de rire face a vos exploits d’automobiliste hors paire (note a moi même refuser tout roadtrip avec Mitchka)
    Excellentisme comme d’hab!!!!

  3. Je n’ai pas aimé Pise car tout ce qui se visite est très cher et n’est pas intégré à la ville. Par contre, j’aime la région. On avait pris le ferry à Livourne vers Elbe (très sympa). On était en même temps en Sardaigne du coup ?? Enfin, sur le prix des glaces c’est de l’humour j’espère !

  4. Tient un billet que je devrais garder sous le coude pour montrer que les voyages en voiture ne sont pas toujours si simple (nous ne voyageons qu’en transport en commun n’ayant ni voiture ni permis).
    (bon en vrai j’aime bien les road-trip avec une copine qui conduit et n’irait pas me demander de la guider pour sortir d’un mouchoir de poche)

    1. C’est clair que les voyages en voiture ne sont pas toujours simples !! Moi, j’ai mon permis depuis à peine 5 ans, et je dois pouvoir compter sur les doihts d’une main le nombre de fois où il m’a été utile : je déteste conduire ! Mais j’avoue que j’adore être sur la route…faut dire que l’avion me file la migraine et le bus la nausée… du coup il ne reste que le train … et avec le train on ne peut pas aller partout … et puis même si on misère souvent en voiture, on se marre aussi beaucoup 🙂

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)