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Etats-UnisWashington

De Barbie Sirène à Trout Lake : 24h sur la route !

Alors voilà, bon gré mal gré, nous avons dû quitter les îles San Juan…

Il y a des lieux que nous laissons derrière nous plus difficilement que d’autres, et je ne vous cache pas que quitter cet archipel a été un vrai crève-cœur pour moi (Remember San Juan Island) ; le genre de moment où tu murmures dans la mer « I will be back … soon » en sachant pertinemment que tu ne « be-backeras » (verbe autovalidé et déposé chez Larousse en attente d’homologation) pas de suite de suite…

Et si nous avions su que l’après-midi qui venait allait être un véritable supplice, je ne suis pas certaine que nous aurions embarqué sur le ferry… (bon si, nous aurions embarqué tout de même, mais nous aurions sûrement changé nos plans de quelques routes…).

 Sur le ferry - San Juan Islands aux USA

J’ai écrit tout un laïus sur l’épopée qui a suivi notre débarquement à Anacortes, sur le trajet interminable qui nous a conduits à Camas (dans la banlieue de Portland), sur les 9 h que vous avons passé dans les bouchons ce jour-là, sur notre « pause » dans un centre commercial, sur notre incapacité à trouver des GoGo Squeez, etc…. mais franchement ce n’était pas très intéressant (non non vraiment… j’vous jure, je ne suis pas toujours passionnante… je suis la première surprise, mais il faut voir les choses en face parfois).

Mais, tout de même, dans un but préventif (je ne voudrais pas que cette mésaventure arrive à un de mes lecteurs adorés), je vais m’arrêter sur notre halte au centre commercial.

Je pense avoir vécu des moments difficiles dans ma vie — des cours sur l’art de l’antiquité tardive (des grands moments de solitude), un accouchement sans péridurale avec épisiotomie et spatules, on m’a même enlevé un rein — mais jamais ô grand jamais, je n’ai vécu une expérience aussi épouvantable. Je vous remets vite fait dans le contexte : Google Map (le traître…) nous a fait croire qu’il était possible de relier Anacortes à Portland en 4 h ; or, au bout de 5 h de voiture nous avions tout juste passé Seattle et nous étions quasiment à l’arrêt sur une deux fois 18 voies. C’est donc poussés par la soif et le désespoir que nous avons décidé de nous arrêter histoire de nous dégourdir les jambes et de ne pas perdre la tête. Comme les aires d’autoroute avec herbe verte et boulangerie Paul n’existent pas là bas, nous nous sommes arrêtés dans un centre commercial en espérant y faire, au passage, une réserve de GoGo Squeez (Pom’Potes américaines), base de l’alimentation de Joujou et Nounou.

Il faisait 40 °C sur le parking, et environ 15 °C dans le centre commercial (bon j’exagère ok, il devait y faire 20 °C) : vive la pneumonie en été ! Nous avons essayé de lire le plan à l’entrée, nous n’avons rien compris et avons tracé tout droit comme des malheureux désorientés. Nounou avait été tellement patiente depuis le départ de Friday Harbor, que nous lui avons offert l’opportunité de choisir le jouet qui lui ferait plaisir (erreur de parents débutants) ; et c’est ainsi que nous avons acheté une Barbie sirène qui fait des bulles à 32 $ (la prochaine fois, on mettra une limite de prix… mais on assume ! il faut savoir tirer les leçons de ces petits riens). Une fois soulagés de ces trente dollars, nous nous sommes mis en quête du supermarché pour acheter les fameuses GoGo Squeez. On est montés, on est descendus, nous avons pris des couloirs, puis d’autres allées, et puis nous sommes remontés et redescendus encore………. une vraie randonnée en zone commerciale fermée et climatisée. Au bout de 8 km parcourus vainement, nous n’en étions plus vraiment à « faire une pause », nous en étions plutôt à « Sortez-nous d’ici, pitié, on fera ce que vous voulez, mais pitié donnez nous des GoGo Squeez et montrez-nous la sortie… ou, au moins, donnez-nous un audioguide… » !

Nous avons fini par trouver un petit supermarché… là, honnêtement, nous étions à deux doigts de pleurer : un centre commercial de 18 000 hectares, plus de rues et d’allées que dans tous les villages du Comminges réunis, et seulement un supermarché avec 3 rayons de nourriture et pas de GoGo Squeez !!!!!

Centre commercial américain : Never Again.

Nous sommes sortis en maudissant l’architecte diabolique qui a construit cet endroit de malheur sur le même plan que le labyrinthe du minotaure, et sommes remontés en voiture jusqu’à Camas, que nous avons atteint à 22 h après 10 h sur la route (et ses environs).

barbie sirène

Bref.

Après une journée aussi foireuse désagréable, le lendemain ne pouvait être que meilleur.

Nous nous sommes levés tranquillement, je me suis goinfrée au buffet de l’hôtel (Jac et les filles ne déjeunant quasiment pas, faut bien que quelqu’un rentabilise le buffet « à volonté » donc je mange pour 4… ce qui me vaut quelques ballonnements le matin… mais je ne vais pas laisser l’empire hôtelier m’arnaquait de 3 petits-déjeuners à chaque fois que nous dormons à l’hôtel !), nous avons fait une escale (obligatoire !) dans un Fly Shop, et nous avons attaqué la descente de la Columbia River.

La route qui longe cette « rivière » est extraordinaire, en même temps que les kilomètres défilaient nous avions la sensation de remonter le temps… au fur et à mesure, les paysages sont de plus en plus sauvages, et puis vous arrivez au Vista Point et vous faites Waouh ! (je ne vous cache pas qu’il est même possible de lâcher un « Putain de Bordel, quand même ! »)

Les photos sont cliquables !

La journée commençait bien.

La route qui longe la Columbia River, côté Oregon, est parsemée de chutes d’eau : ce sont les Gorges de la Colombia River. Quand vous tapez Multnomah Falls ou Oneonta Falls sur Google Image (oui je sais je passe beaucoup de temps sur Google, mais ne sont-ils pas les maîtres du monde ?) vous avez l’impression que ce sont des cascades hyper intimes où seuls deux courageux touristes viennent se baigner dans l’année. Bien sûr n’écoutant que notre bravoure, nous nous projetions déjà dans ces deux courageux touristes… accompagnés de leurs merveilleuses princesses, naturellement.

Mais que nous sommes jeunes et naïfs !

Nous nous sommes retrouvés à l’arrêt 15 km avant Multnomah Falls. Impossible de faire demi-tour, la route est bien trop étroite et encombrée pour manœuvrer, nous n’avions plus qu’à attendre…

Les voitures se garaient, n’importe comment n’importe où, sur le bord de la route alors que nous étions encore à 3 km des fameuses chutes… devant cette foule en délire, nous avons rapidement décidé de ne pas nous arrêter. La route passant au bord des chutes, je suis descendue de la voiture en courant avec Nounou histoire de faire une photo pendant que Jac continuait à avancer au pas…

Alors que nous traversions la foule, je me suis aperçue que les bouchons étaient causés par des selfies : les gens arrêtent leur voiture au milieu de la route pour faire un selfie depuis leur siège devant les chutes !!! Le résultat de l’exploration 2.0 (il parait que les selfies ont tué plus des personnes que les attaques de requin cette année : tu m’étonnes ! y’a de quoi avoir des envies de meurtres !).

Pendant que nous faisions quelques clichés, Jac a trouver miraculeusement une place, nous avons donc pu profiter un peu du site malgré le flot de touristes.

Bon je râle, mais le lieu est vraiment exceptionnel, c’est normal qu’il soit aussi attractif. Et puis vous n’êtes pas obligé de marcher beaucoup pour profiter du lieu : une bonne balade pour les gros fainéants quoi !! 🙂

Nous sommes montés jusqu’au pont qui enjambe la rivière et, comme vous pouvez le voir, nous n’étions pas tout seuls ! Mais Nounou a tout de même trouvé l’endroit idéal pour échapper à la foule. 🙂

Nous avons mangé sur place, et avons repris la route en espérant nous baigner un peu plus loin, à Oneonta Falls.

Encore une fois : quelle jeunesse et quelle naïveté nous animent !

Les voitures étaient garées sur 5 ou 6 km le long de la route autour de Oneonta Falls… sans chercher à voir/comprendre, nous avons continué notre chemin vers l’est, et avons traversé la Columbia River en empruntant le Bridge of the Gods, le pont assez incroyable de Cascade Locks.

La photo est très mauvaise, mais ça vous donne une idée de la construction, qui n’est pas des plus rassurantes quand vous êtes dessus !

 Bridge of the Gods - USA

Nous avions réservé un B&B à Trout Lake, un petit village paumé que nous avions choisi comme escale à cause de son nom (il nous en faut peu, je vous l’accorde).

Là, je pense qu’il est nécessaire de faire un Point Route car je vous sens complètement perdus !

Donc voilà le chemin parcouru dans les dernières 24 h.

Le Kelly’s Trout Creek Inn est un havre de paix et je pèse mes mots. Après la route interminable de la veille et la horde de touristes en tong-chaussettes le long des gorges, nous étions trop heureux de nous perdre à Trout Lake. Parce que, qu’on se le dise, on ne monte pas Trout Lake dans l’idée de faire du shopping ou de guincher, mais par contre pour prendre l’air, marcher, pêcher, se reposer, se baigner, c’est juste idéal.

Alors voilà notre B&B avec la rivière qui passe au fond du jardin !

Depuis Trout Lake, la vue sur le Mont Adams (un des vingt-six volcans de l’arc volcanique des Cascades) est magnifique et reposante… (non ?)

Trout Lake c’est aussi la sensation de rentrer dans « La petite maison dans la prairie » 🙂

Enfin, Trout Lake possède le resto le plus sympa du monde : 3 tables dans un jardin à l’arrière d’une station service/épicerie/tabac/antiquaire !

épicerie - restaurant de Trout Lake - état du Washington

Durant notre petit séjour, nous nous sommes reposés, baladés, Jac a pêché (mais ça il ne vous en parlera pas… le sujet est encore aujourd’hui très sensible dans la maison… [l’âme du pêcheur qui n’attrape pas de poisson est extrêmement torturée…]), et nous avons profité de l’accueil de Kelly et de son petit déjeuner extraordinaire 🙂

C’est donc dans une forme olympique que nous avons attaqué le désert de l’Oregon… mais ça, je vous en parle la prochaine fois, si vous voulez bien ?!

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