Loading...
Séjour dans Flaming Gorge - Utah
Etats-UnisWyoming

Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps …

Séjour dans Flaming Gorge - Utah

Après presque trois jours immergés au cœur de la terre des dinosaures, nous avons continué notre route vers le nord… sans réel but. En effet, au moment où la France soulevait son trophée, nous, nous quittions notre laverie miraculeuse et remontions en voiture en lançant un : « On va où maintenant ? »

Une question qui n’a, sur l’instant, pas connu de réponse.

Nous devions prendre la direction du nord, puisque notre objectif (parce que nous en avions un quand même) était d’atteindre le parc national de Grand Téton dans deux ou trois jours. Trois cents miles (en ligne droite) nous séparaient du parc, soit 5 h de route. C’est donc naturellement que nous nous sommes arrêtés… quarante-quatre miles plus loin ! Après tout, nous avions trois jours devant nous…. pourquoi nous presser ?

Viens, on va se planquer à Dutch John

Garés sur le barrage de Flaming Gorge, nous sommes sortis de la voiture, et devant la vaste Green River créant ici un canyon spectaculaire, nous avons décidé que nous avions assez roulé. Nous sommes rentrés dans le visitor center demander un camping. La jeune fille à l’accueil nous a donné des infos sur la pêche, et nous a gentiment conseillé deux campings sur les rives de Flaming Gorge. Nous, nous remarquons alors un camping qui ne semble pas très éloigné de la Green River, quelques kilomètres après le barrage, le Dripping Spring Campground, et lui faisons comprendre que celui-ci nous semble mieux situé pour pêcher. Elle fait une légère moue en nous regardant et tapote du doigt la carte en insistant sur les deux autres campings. Et nous en restons là, résolus à ne pas l’écouter.

Nous roulons dix minutes de plus pour nous arrêter à Dutch John. Dutch John : ce n’est pas le nom idéal pour un repaire de hors-la-loi ? J’imagine tellement bien Terence Hill dire à Bud Spencer :

« Viens, on va se planquer à Dutch John, je connais un rocher derrière lequel on peut manger des haricots en conserve sans se faire voir »

Bon, en fait, l’histoire, comme la carte de Dutch John, est assez courte, est principalement liée au barrage et à la pêche à la mouche. Car, sans le savoir vraiment (on le savait un peu quand même), nous étions arrivés en territoire pêcheur, moucheur, même !

Nous étions là tranquillement installés sur nos banquettes, à attendre nos burgers, quand notre hygiène plus que discutable, et nos deux nuits sous la tente en plein désert (avec deux robinets d’eau froide pour tout le camping), se sont rappelés à nous. Les grands aventuriers (que dis-je, explorateurs) que nous sommes avaient franchement envie d’un lit moelleux et d’une putain de douche. Mais où dormir à Dutch John ? Et comment renoncer à notre camping au bord de la rivière ?

Un lieu que nous imaginions bucolique à souhait. Spoiler : ce n’était pas le cas.

En payant, on remarque une affichette annonçant des cabines en location derrière le restaurant. Sans trop y croire, nous demandons s’il reste des disponibilités, et la patronne nous propose sa dernière maisonnette, à 160 $ la nuit. Je ne sais pas si c’est la digestion un peu difficile du burger qui a influencé notre décision, mais on a dit OK !

Pour le regretter dix secondes après. 320 $ les deux nuits, c’est juste exorbitant comme tarif pour nous. Nous n’avions laissé aucune garantie ; aussi, avons-nous décidé d’aller au camping pour voir ce qu’il en était, s’il y avait de la place (#LaBlague).

C’est ainsi que quelques minutes plus tard, nous avons découvert, en plein milieu de collines désolées, renommées immédiatement « La vallée de la mort qui tue et qui fait trop peur », le camping de Dripping Spring. Des arbres brûlés partout sur des kilomètres, un camping nu, où un seul camping-car (obligatoirement celui d’un psychopathe) avait pris place.

Et c’est ainsi que dès le 6e jour de notre voyage, nous avons explosé notre budget avec la cabane de Dutch John, sans jamais plus le regretter.

Alors, oui, nous aurions pu tenter les autres campings, mais leur localisation ne nous convenait pas, et puis on était franchement fatigués – fin du débat ! : p

Ceux qui manquent d’air

Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que depuis notre arrivée à Dinosaur, nous avions un problème avec un pneu. En fait, nous l’avions remarqué dès notre sortie de Denver, mais nous avons préféré nous en préoccuper 365 miles plus tard, alors que nous étions perdus en plein désert. Notre logique à ses raisons, que la raison ignore.

Mais, il nous semblait invraisemblable, naïfs comme nous sommes, qu’Hertz, compagnie mondialement connue, nous ai loué une voiture avec un pneu crevé.

Spoiler : si !

Le tableau affichait la pression des pneus, et nous pouvions voir le niveau de l’un d’eux baisser doucement mais régulièrement. Après avoir regonflé le pneu à deux reprises en quatre jours, il nous a bien fallu admettre que nous étions face à une crevaison lente. L’assistance de la compagnie nous a alors demandé de rouler jusqu’à l’aéroport de Rock Springs – Wyoming – où, disaient-ils nous pourrions changer de voiture. Rien que ça. On aurait dû voir le piège se refermer sur nous, c’était trop gros…

Bien que la pression baissait de façon très très lente, les déplacements n’étaient pas des plus sereins. Mais, nous venions de lâcher 320 $ dans une cabane, et il était hors de question que nous abandonnions notre location un jour plus tôt. Et puis l’assistance ne semblait pas inquiète donc, pourquoi nous serions-nous inquiétés ? Cela aurait pu être simplement le capteur qui déconnait, il était impossible de voir le dégonflement à l’œil nu.

Néanmoins, à chaque fois que Jac partait seul à la pêche, je m’attendais à voir arriver deux rangers (interprétés par Bradley Cooper et Will Estes – je vous laisse 15 secondes pour googleliser ce dernier), chapeau sous le bras, m’annonçant que notre voiture avait été retrouvée au fond de La vallée de la mort qui tue et qui fait trop peur, et que le conducteur avait été dévoré par un psychopathe cannibale, dont le camping-car était en stationnement au camping de Dripping Spring.

Mais, heureusement, rien de tout ça n’arriva. Et nous avons profité autant que nous pouvions de la région et surtout de la Green River, en réduisant au maximum nos trajets (et du coup nos visites)… Ce qui au final, eu le bénéfice de nous reposer un peu !

Après deux jours à Dutch John, nous avons donc pris la direction de Rock Springs. Google indiquait 66 miles, soit 1 h 15 de voiture… mais c’était sans compter sur notre pneu crevé, les ravins par milliers qui délimitent 40 % de la route, et l’énorme boule au ventre que Jac et moi avions. Puisqu’à présent, la pression de notre pneu ne s’affichait plus ! Nous étions passés voir un garagiste avant de quitter le village, il avait évalué la pression avec un « truc » exprès, cela lui semblait correct pour rouler 66 miles, mais nous n’avions plus de visibilité en temps réel sur cette foutue pression. On essayait de se persuader que c’était simplement le capteur qui déconnait, mais nous étions de moins en moins convaincants avec nous-mêmes !

Plus de 2 h plus tard, nous avons atteint notre but. Il faut savoir que Rock Springs, est en plein milieu de nulle part, et que l’aéroport est au-delà de ce nulle part. Vous imaginez le désert, des kilomètres et des kilomètres de désert, et là, vous y plantez l’aéroport de Rock Springs… où il n’y a pas, et où n’y jamais eu d’agence Hertz ! Ni ici ni nulle part ailleurs dans la ville ou dans le comté.

Et c’est environ, à ce moment-là, que nous avons découvert que nous ne captions plus aucun réseau. En même temps, au milieu de rien, généralement il n’y a rien…

angry Sports bar GIF by Originals

Au désespoir, nous avons insisté auprès de l’accueil d’Avis (qui, eux disposent bien d’un guichet là-bas -_-), en lui expliquant notre situation ultra merdique. Elle nous a prêté son téléphone, et nous avons eu le loisir d’insulter tous les agents Hertz que nous avons eu au bout du fil. Au bout d’un moment, on comprend que la compagnie nous accuse d’avoir crevé le pneu, et nous demande de le changer à nos frais. Heureusement, l’agent d’Avis prend le voucher des mains de Jac, et lui explique que nous avons payé une assurance qui nous couvre pour ce genre d’incident : nous n’avons juste qu’à aller chez un garagiste, montrer notre papier et le pneu est changé gratuitement. Hertz mettra, sans mentir, plus de 20 minutes pour nous confirmer que nous avions bien payé cette option.

Alors que c’était noté sur le voucher.

Sans cette femme au guichet d’Avis, je ne sais pas combien de temps nous aurions perdu, et combien d’argent. Celle-ci finira par nous expliquer où changer le pneu rapidement, et cela fut fait en moins d’une heure. Au final, nous avons passé plus de temps à batailler avec l’assistance d’Hertz qu’à attendre notre pneu neuf.

Pour terminer, à la fin du séjour, devant notre mécontentement, Hertz nous a lâché un avoir de 100 $ pour le désagrément, et cela parce que Jac s’est obstiné et qu’il y avait des clients dans l’agence… Mais, au vu de notre angoisse, et surtout de la mauvaise blague de l’agence fantôme, nous avons franchement trouvé le geste ridicule.

Il était déjà 14 h, quand nous avons récupéré notre voiture. Nous avions alors deux options : rouler comme des cons idiots jusqu’à Jackson sans point de chute pour quitter le désert (en sachant que la zone est ultra touristique), ou rester une nuit à Rock Springs pour décompresser.

To be continued.


Flaming Gorge en pratique

Où dormir ?

Nous avons opté pour les cabines du Dutch John Resort. Il en existe de toutes les tailles, dans plusieurs gammes différentes. En arrivant sans réserver, nous avons eu une cabine assez cosy (la Plus Cabin), très confortable. Seul bémol, la douche dont le chauffe-eau est taillé pour une maison de Schtroumpfs, et se laver à l’eau froide pour 160 $, ça pique un peu !

Pour les campings, rapprochez du visitor center, et écoutez-les !!

Où manger ?

A Dutch John, il est possible de manger au Dutch John Resort, on peut également y faire deux courses (vraiment deux), acheter du matériel de pêche, faire le plein, et gonfler ses pneus !

Nous vous recommandons tout près de Red Canyon le Flaming Gorge Resort, on y mange très correctement, le cadre est magnifique, et des colibris se baladent autour du restaurant. On peut également y dormir pour pas trop cher : si on s’y prend à l’avance !!

Où faire des courses ?

Il y a seulement deux épiceries minimalistes à Dutch John : il faut rouler jusqu’à Vernal ou Rock Springs pour faire de véritables courses (soit plus ou moins une heure de route)

Où se balader ?

Notre coup de cœur dans la région fut pour le lieu-dit Little Hole : un petit écrin de verdure au bord de la Green River, juste après la vallée desséchée. C’est un lieu parfait pour pêcher, marcher observer des animaux, pique-niquer, se détendre en somme ! De là, il est possible de suivre la rivière en suivant un petit sentier qui remonte jusqu’au barrage – compter environ 2 h de marche Aller.

Le Red Canyon fait partie des incontournables de Flaming Gorge : un panorama unique à découvrir soit, comme nous, d’en haut, soit d’en bas, en bateau !

A noter : Flaming Gorge n’est pas un parc national, ni même un monument, mais une aire récréative, son accès est gratuit, par contre les parkings sont généralement payants à hauteur de 5 $ la journée.

6 comments
  1. chachaaventuriere

    Quel plaisir te retrouver ici j’étais a #2 doigts de t’envoyer un une assignation par tweet pour avoir la suite de vos aventures américaines. Même vos « galères » sont un plaisir à lire. Ceci dit crever aux USA c’est notre hantise, jusqu’à present cela ne nous est jamais arrivé (je touche du singe, du bois et tous les grigris possible pour que cela ne nous arrive pas ) Heureusement tout est bien qui fini bien, j’attends la suite avec impatiente signé ta fidèle lectrice des Hauts de France

    1. mitchka

      merci Chacha !! Oui, beh nous aussi c’était notre hantise, mais finalement la crevaison c’était rien devant la trou noir dans lequel on s’est senti tombé en arrivant à l’aéroport de Rock Springs !! Enfin, comme tu dis, ça finit bien 🙂

  2. Ange & Like

    Je suis fan !!!

    On ne m’enlèvera pas de l’idée que c’est ce genre d’aventures et autres péripéties qui rendent les récits attractifs et intéressants, et d’autant plus quand c’est écrit avec de l’humour et du talent comme tu sais si bien le faire…
    Franchement, les trucs qui ne vendent que du rêve (artificiel la plupart du temps), des situations mielleuses et des conseils (plus ou moins foireux) me font fuir !!!
    C’est juste l’avis perso d’une lectrice de blog, et donc ça n’engage que moi…

    Bref, c’est quand la suite ???????????????

Pour chaque commentaire laissé, nous vous livrons une licorne (frais de port à votre charge)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

porta. mattis ultricies Phasellus quis, mattis tempus elementum at