Conte de Noël dans la vallée de la Soča

Avant de clôturer l’année sur tout autre chose, j’ai décidé de dédier cet avant-dernier article sur la lumineuse vallée de la Soča, parce qu’elle le vaut bien.

La dernière fois que j’ai abordé la Slovénie ici, je vous avais parlé de notre ami Vili et son camping un chouïa roots que nous avions adoré. Le camp Vili est situé au bord de la célèbre Soča ( si, si, j’vous jure, elle est célèbre ) dont la couleur n’a cessé de m’émerveiller ; j’aurais voulu la photographier encore et encore jusqu’à trouver le réglage parfait qui aurait magnifier un peu plus l’émeraude de sa robe (c’est pas mal ça comme phrase, non ?)… 

Mais avant de découvrir la Soča, et de la remonter, c’est dans les gorges de Tolmin que nous avons traîné nos guêtres (et nos enfants) afin d’y explorer la Tolminka, une autre rivière karstique.

Après avoir écouté 3 italiens expliquer qu’ils venaient se baigner … et après les avoir vu repartir la serviette de plage entre les jambes quand, à l’accueil, on leur a annoncé que la rivière ne dépassait jamais, ô grand jamais, les 8°(et que naturellement la baignade était interdite), nous nous affranchissons des 4€/personne pour emprunter le petit sentier qui longe les gorges, et nous amorçons notre balade petite carte de repérage en main.

Il n’y a pas de grandes difficultés sur ce petit parcours, mais il est de bon ton de tenir ses enfants et de protéger son appareil photo, pour éviter glissades et arrosages impromptus de votre objectif. Bien que la marche soit assez facile,  la remontée a été assez costaud, surtout pour les petites pattes de Joujou … nous n’avons donc pas pu faire l’intégralité de la balade, un petit regret … mais il vaut mieux une petite balade agréable pour tout le monde qu’une grosse balade qui finit en hurlement ou autres crises de nerf.

C’est par la route qui surplombe les gorges que se termine la promenade, la vue est splendide mais attention, il y a toujours un tocard pour rouler comme un corse dans la montagne.

La découverte des gorges achevée nous avons rejoint notre voiture à un petit kilomètre de là. Il y a moyen de se garer à l’entrée des gorges… mais comme nous n’aimons pas faire comme tout le monde (et comme nous n’avons pas trouvé la bonne route surtout) nous nous sommes garés plus loin afin de mieux apprécier la campagne slovène.

p1120289

Deux jours plus tard, c’est la Kozjak que nous sommes allés explorer avec un guide de choix, Patrick, du blog e.Slovénie, installé dans la région depuis plusieurs années.

C’est donc à 5 que nous sommes passés devant le fameux pont Napoléon (oui, oui j’vous jure il est fameux) – que je n’ai pas pris en photo mais Google saura vous le montrer – pour nous garer un peu plus loin, au camp(ing) Lazar afin d’entamer une petite balade d’une demi-heure jusqu’à la cascade de Kozjak.

C’est une petite marche facile, accessible à toute la famille (et d’ailleurs il y a beaucoup de familles). On commence par traverser la Soča avant de découvrir la Kozjak et de s’enfoncer dans la forêt et ce, jusqu’à la chute d’eau.

Si, à l’aller, nous n’étions pas nombreux à emprunter le chemin, au retour, ce fut un vrai défilé !

Au retour, les filles ont commencé à avoir faim, Joujou a voulu être portée puis marcher, puis de nouveau être portée, etc. En même temps que nous gérions les exigences de transport de Joujou, nous discutions avec Patrick, cherchions des traces d’ours avec Nounou … tout ça pour dire que nous n’étions pas très concentrés.

Nous allions retraverser la Soča, quand Jac m’a demandé de mettre le doudou de Joujou en sécurité (vous la voyez, sinon, la scène (d’horreur) du lapin qui se noie dans la rivière et le bébé qui hurle à la mort pendant un mois)… et c’est là que nous nous sommes aperçus que doudou avait disparu.

Ici, commence notre conte de Noël slovène.

Il était une fois, une petite fille très mignonne, mais bourrique comme pas deux, qui refusait de se séparer de son doudou lapin… quelle que soit la situation ! Malgré plusieurs oublis et « jetées », le doudou avait toujours retrouvé le chemin de sa maison, et sa propriétaire. Mais un jour, durant une douce balade autour de Kobarid, la petite fille, trop occupée à casser les pieds à ses parents qui tentaient de discuter avec leur guide, un blogueur voyage franco-slovène, oublia le petit lapin au bord du sentier. La fillette, tout à ses affaires de fillette, ne remarqua pas l’absence de son ami et continua son chemin. Quand enfin, elle voulu reprendre en main le lapin afin de mieux le balancer au dessus d’une rivière couleur émeraude (et d’évaluer les réflexes de ses parents ), elle resta muette devant sa disparition. Son chevalier servant (son père), sans réfléchir, enfourcha ses plus beaux godillots – qu’il avait déjà aux pieds en fait – et repris le chemin en sens inverse. Sa mère, la princesse au visage d’argent, continua à chercher dans les sacs et buissons alentour devant les yeux effarés de leur compagnon de balade. Le cadran solaire tournait, et l’inquiétude montait. Après la perte – déjà terrible – de Doudou, le chevalier semblait être tombé dans un trou noir, laissant sa famille au bord du chemin, le désarroi au fond de la gorge.

Et c’est là qu’intervint SuperChien !

Alors que Doudou semblait perdu « pour toujours » et que la disparition de son mari commençait à inquiéter la princesse au visage d’argent, un petit chien, nommé Ginny, fit son apparition, sortant du sentier gaiement, Doudou lapin entre les crocs. La petite fille hurla, non pas de joie mais d’horreur à la vue du lapin à demi englouti dans la gueule de ce chihuahua danois (c’était un petit chien et ses maîtres avaient des têtes de danois #Cliché). Doudou était blessé (enfin surtout dégueulasse) mais sauf. Après une explication de quelques mots, la princesse récupéra l’objet de leurs malheurs dans la gueule du chien, mais la petit fille continua à hurler un bon moment tant ces retrouvailles avaient été intenses. Doudou retrouvé, il fallut à présent rechercher le père disparu. C’est là que le guide de la famille casse-couille princière n’écoutant que son courage, partit à la recherche du chevalier et le retrouva dans un fossé à la recherche du doudou disparu à présent retrouvé.

Tous réunis, le petit clan put enfin s’attabler et déguster de bonnes saucisses slovènes, des Čevapčiči, et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours.

– FIN –

NB : True Story !

NB2 : Je suis en discussion avec M6 pour l’adaptation télé !

Le lendemain, nous avons plié la tente pour partir vers de nouvelles aventures de l’autre côté du parc national du Triglav, mais Joujou et moi avons pris le temps, au réveil, d’aller saluer la Soča et sa vallée qui nous a tous tant envoûtés.

fin

 NB : Nous remercions Patrick de nous avoir supporté toute une matinée ET tout un repas ! Ce fut une chouette rencontre ! 

Aimer c'est partager !

24 thoughts on “Conte de Noël dans la vallée de la Soča

    1. je pense qu’il y a plus de chances qu’on se voie en Bretagne qu’en Slovénie dans l’immédiat, mais je ne désespère pas de retrouver la Soca un jour 🙂

  1. Comme à ton habitude, tu nous régales de beaux paysages et d’aventures rocambolesques !
    Merci pour cet article, ce beau conte de Noël (qu’est-ce que j’aime les happy endings) et la découverte de la célèbre et magnifique vallée de Soča (que, honte à moi, je ne connaissais pas), tu m’as donné envie d’aller explorer la Slovénie à mon tour !

    1. merci Pauline ! La vallée de la Soča vaut qu’on se déplace juste pour elle ! Des paysages époustouflants et des habitants adorables sont au programme 🙂

  2. MAGNIFIQUE !!!!! je viens de trouver votre blog ! Genial ! quel bel hommage que vous faites à la Slovénie… un magnifique pays ! mon pays d’origine !!!! je retournerai y vivre !!! merci ! 🙂

    1. clair !! là, on en rigole mais j’avoue que sur le moment, j’en menais pas large, j’étais super gênée de la balade qui s’éternise à cause de ce p***** de doudou !!

  3. Ha je la vois turquoise la rivière émeraude moi… Peu importe c’est super beau !
    Et le pauvre chien il a eu quoi en remplacement du doudou super chouette qu’il avait eu tant de bonheur à dénicher et adopter ?

    1. Turquoise ou émeraude, elle est magnifique !! Le chien était blasé oui … mais bon, vu ses maîtres, je suis sûre qu’ils lui ont trouvé un nouveau jouet rapidement 🙂

  4. on a tous connu un instant cauchemardesque où l’on crois doudou perdu à tous jamais. ca me rappelle une balade a dos d’ane en savoie !!! heureusement tout est bien qui fini bien belle balade cest vraiment magnifique ces paysages slovenes et superbe photo. passez de bonnes fêtes

  5. Ah ouf! Une happy end ! Et en plus vous avez festoyé à coups de saucisses. Parce que vois tu j’étais en haleine et terrorisée à l’idée d’une fin tragique. Mais quelle poilade de te lire.
    Punaise cette rivière est magnifique. On dirait un sirop de menthe géant (j’adore le sirop de menthe).
    Tes photos comme d’hab superbes.

    1. nous aussi, nous étions terrorisés à l’idée d’une fin tragique !! et cette rivière … un bonheur pour la vue (et la température me semble parfaite pour un sirop à la menthe bien rafraîchissant!!)

    1. haha ! j’irais peut-être pas jusqu’à « épique » mais ça nous a fait le voyage ! Et oui, la Slovénie est à découvrir, c’est magnifique, et les slovènes sont vraiment accueillants, c’était un beau voyage.

  6. Et bien une chose est sure, je retournerais à mon avis dans pas très longtemps en Slovénie !! Pays que j’ai adoré découvrir en septembre dernier mais on avait pas décidé d’aller aussi loin dans le parc du Triglav. Et quand je vois tes photos, le charme opère ^^ j’ai besoin de Slovénie !! Quelle chance à Patrick de vivre dans ce si beau pays ! En plus, il a pas choisi le coin le plus moche ^^
    Sinon je connaissais pas cette histoire de train, c’est pratique !! c’est en parti pour cela que l’on est pas allé la bas : je croyais qu’il fallait refaire tout le tour par le col de Vrisc pour retourner sur Bohinj !!

    1. Nous, nous avons atterri là à cause de la pêche… c’est le coin pour ça et nous n’avons pas été déçus : ni par les paysages, ni par les poissons pour mon mari ! Un gros bonheur cette vallée 🙂 je te souhaite de faire connaissance avec elle bientôt !

  7. Je lis avec plaisir vos aventures sur la Soca… On y va l’été prochain en van, pas pour la pêche mais pour notre marotte à nous (la première guerre !! Il s’est passé des tas de trucs dans le coin il y a 100 ans). Hâte de voir cette eau bleue, les douches locales et les gentils chiens sauveurs-assassins de doudou pour notre Ruby. Bon le seul problème c’est que j’ai l’air de la Soca Dance dans la tête maintenant.

    1. Depuis notre retour de Slovénie, on ne rêve que de ça, y retourner en van ! Vous allez adorer. C’est magnifique. Et surtout aller au Camp Vili, si vous êtes en van, c’est vraiment parfait.

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)