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Ecosse

La vie en macareux – IsleOfMull (Tryptique, part.3)

Mardi, notre 3e jour sur l’île de Mull. Demain déjà nous quitterons ce petit bout de terre dont je suis tombée éperdument amoureuse. Alors ce matin là, c’est notre dernière chance de faire la balade en bateau et de visiter les îles de Staffa et Lunga, et surtout notre dernière chance de voir des macareux.

Les oreilles de Joujou (Previously on Fish & Child) n’ont pas l’air de la faire souffrir, la nuit a été correcte, le vent semble s’être posé, le ciel est bleu (oui, oui, j’vous jure!!) : les conditions sont optimales… en tout cas on espère. A 9h, comme convenu, nous appelons l’agence qui nous confirme que nous pouvons prendre la route : la sortie aura bien lieu. Et nous voilà partis pour l’ouest de l’île … A partir de Salen, nous suivons les panneaux « Turus Mara » (le nom du croisiériste) puisque apparemment il n’y a pas âme qui vive dans le coin en dehors de quelques moutons, bien sûr ! Après une heure de route (pour votre information, Jac commençait à se sentir plus à l’aise sur ces petites routes  – cf Triptyque 1), nous arrivons dans une petite baie en face de l’île d’Ulva, ou quelques courageux ont élu domicile … ce qui a le don de me fasciner. J’ai du mal à comprendre comment la vie peut s’organiser dans des lieux aussi perdus.

A 11h, nous ne sommes pas nombreux à embarquer, une petite quinzaine tout au plus. La plupart de nos compagnons sont armés d’appareils photos XXL, et de jumelles sûrement capables de détecter une vie extraterrestre sur Neptune. Faut dire que le tarif de la balade est loin d’être une blague, nous n’étions pas loin de devoir hypothéquer les yeux de nos filles pour pouvoir nous la payer. Aussi le prix élevé doit-il refroidir, je pense, de nombreux touristes, et restent ici les passionnés, les observateurs, les photographes … et nous ! (qui sommes, bien entendu, les 3 réunis 🙂 )

Bref, nous voilà partis. Il y a 1h de bateau pour atteindre la première île, Staffa.

De loin, nous avons l’impression de découvrir un petit îlot de verdure …. mais ce n’est qu’un effet d’optique ! Staffa c’est une île volcanique, une île noire …

Ces falaises basaltiques, constituées de milliers de colonnes, impressionnent immédiatement. En sortant du bateau, nombreux sont les curieux qui se rendent à la grotte aperçue en bateau (voir photo précédente) … je dois avouer que j’ai bien envie de les suivre, mais le « chemin »qui y mène, ne me semble pas très rassurant, et surtout j’ai Joujou sur le dos. Jac, lui, ne se pose pas la question : marcher sur des rochers mouillés à moins d’un mètre de l’eau en se tenant à une corde, il laisse l’expérience aux autres ! Et en même temps, avec Nounou à gérer, c’est impossible pour lui aussi. L’expédition à la grotte est bien trop hasardeuse donc nous montons.

Staffa fait 1km de long sur 500m de large, et nous avons 1h pour l’explorer, mais il est 12h, et les ventres crient déjà famine, c’est pourquoi nous n’en ferons pas complètement le tour.

Nous marchons quinze ou vingt minutes. Si, moi je n’ai aucune difficulté à m’approcher du bord… Jac a bien du mal à avancer … le vertige s’est emparé de lui ! Alors, on se pose. On décide de pique niquer. On sort nos tomates cerises écossaises (hmm !) et notre jambon blanc (re hhm!), etc. … mais voilà qu’un couple nous appelle, la femme semble complètement affolée, je m’approche en me disant « Merde quelqu’un est tombé à l’eau » … mais quelques enjambées plus tard, je comprend qu’elle me hurle « dolphin, dolphin !!!  » Alors je me tourne vers Jac et les filles et je me mets à hurler à mon tour « des dauphins, des dauphins » (beh oui, que voulez vous que je crie d’autre ?). A 33 ans pour moi, et 36 pour Jac, nous n’en avions jamais vu (en liberté). Pour le coup, Jac a oublié son vertige et s’est approché.

Sincèrement, si j’avais vu une licorne, je n’aurais pas été plus contente (et surprise)… un vrai (premier) moment de bonheur intense.

Dès que le bateau de touristes s’est éloigné, les dauphins se sont éloignés eux aussi, à croire qu’ils étaient juste passés faire le show ! Après cet aparté dauphinesque (pas sûre de l’orthographe), nous nous sommes dépêchés d’avaler nos mini sandwich afin de continuer notre exploration.

Des petits sentiers guident les pas des touristes tout autour et à travers l’île… mais bon bien sûr, j’ai eu envie de sortir des sentiers battus !! Exploratrice la fille !! Donc je me suis écartée… et au bout d’environ de 2 pas et demi, je suis tombée dans un énorme trou … enfin juste une jambe. Ce qui, je crois, était encore plus ridicule, mais heureusement que ce n’était qu’une jambe parce que j’avais (toujours) Joujou sur le dos. C’est donc, une demi-jambe trempe (parce que bien sûr le trou était plein d’eau – sinon c’est pas drôle) et accompagnée des fous rire de Nounou et Jac que j’ai terminé la balade et suis repartie vers le bateau…

Pour l’anecdote, étant particulièrement frileuse des pieds, j’avais mis des chaussettes de ski… qui bien sûr ce sont transformées en éponge après ma mésaventure… voilà voilà … Sortir des sentiers battus : mon culito oui !!!!

Bon arrivée là (ci-dessous), Jac ne rigolait plus tout… alors que moi, bien que faisant « ploch ploch » à chaque pas, ça allait très bien, et je crois que je l’ai un peu fait flipper en m’arrêtant toutes les 2 marches pour prendre une photo. Mais c’était joli… je me devais de mettre ça en boîte pour vous !!

Et nous voilà repartis… la visite sur Staffa aura duré une heure, une heure qui est passée à toute vitesse.

En quittant l’île, notre capitaine fait le tour de l’île une dernière fois afin de nous permettre de voir les dauphins aperçus depuis la falaise.

Je n’ai pas de photo de ce moment là parce que je profitais de l’instant avec les filles … émerveillées 🙂 . Joujou n’en revenait pas !!

Une demi-heure après avoir ré-embarqué, nous arrivons sur l’île de Lunga, une île sanctuaire, habitée exclusivement (ou presque) de macareux… Le bateau nous dépose, on grimpe sur la falaise en face de nous grâce à un petit sentier et immédiatement nous sommes nez-à-nez avec ces oiseaux de mer si mignons/étranges/rigolos/trop choux !! Ils sont là par centaines, c’est un spectacle incroyable.

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L’île de Lunga est toute petite mais nous avons fait le choix ne pas en faire le tour pour la simple raison, que nous avons préféré pratiquer ce que notre croisiériste aime appeler la « Puffin Therapy » 🙂 Nous nous sommes assis et nous avons observé en silence… parfois en riant, parfois en nous interrogeant … et ce fut bien suffisant !

Les macareux construisent leur nid dans la terre d’où la multitude de petits trous devant nous 🙂

Nous avons tout de même fait un petit tour jusqu’à ces ruines, qui ont fortement marquées Nounou (Nounou, comme moi, adore les ruines !! Tant qu’on ne lui demande pas de s’asseoir dessus  –  Remember la vieille chaise – Oui, on est chelous, c’est vrai !!). Car si aujourd’hui Lunga est un sanctuaire ornithologique, elle fut habitée. Au XVIIIe siècle, elle comptait 29 habitants (population maximum de son histoire), et encore en 1930, on y trouvait 5 habitants. Aujourd’hui l’île n’appartient qu’aux oiseaux et … aux lapins ! Dernier souvenir du passage de l’homme sur cet île, des petits lapins se baladent au milieu des macareux….ce qui a amené Jac a courir après Joujou qui courait après un lapin, et cela pendant bien 20 minutes !! 🙂

La dernière demi-heure, nous l’avons passé à observer encore et encore… nous sommes restés là 2h, 2h coupées du monde, tous les 4, en harmonie avec la nature.

(oui, je sais, vous vous dites que « ça y est elle a lâché les roues, elle est en train de craquer Mitchka, elle sombre dans la dépression… » mais je vous re-jure que c’était un des meilleurs moments de ma vie. La Puffin Therapy vaut TOUTES les séances de Spa du monde … et sûrement quelques psys !! 🙂 )

Mais tous les moments extraordinaires ont une fin et il nous a fallu repartir vers le bateau.

Sur chemin du retour, nous sommes restés interloqués devant ces deux oiseaux … au milieu des macareux, on aurait dit qu’ils sortaient d’un bal masqué … genre macareux incognitos ! J’suis là mais j’suis pas là !! 

Quelques semaines plus tard, en lisant Terre Sauvage, j’ai découvert qu’il s’agissait de pingouins Torda que l’on trouve plus fréquemment sur l’île de Skye.

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Les 2h passées sur Lunga sont passées à une vitesse affolante, et bien que nous étions épuisés (et affamés), je serais bien restée encore une éternité.

Mais durant une telle balade il n’y a pas de place pour la nostalgie… à peine deux minutes après avoir quitté l’île, j’ai vu une tête, puis 2, puis 3, sortir de l’eau : des phoques !! Des phoques venaient nous saluer … encore un merveilleux moment … du bonheur à la pelle cette balade !!

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Dix minutes avant d’arriver à l’embarcadère, nous passerons également devant un banc de phoques qui tentaient de capter l’unique et dernier rayon de soleil de cette fin de journée… mais nous n’avons pas pris de photo, car un phoque gris sur un rocher gris… ça ne rend pas très bien, figurez-vous !

Je ne crois avoir besoin d’en remettre une couche pour vous faire comprendre que cette balade au large fut exceptionnelle, je pourrais même l’écrire en majuscule, soyons fous, EXCEPTIONNELLE. Toute la famille en a pris plein les yeux.

Mais, comme je l’ai dit en introduction, une telle balade a un coût, du genre à vous faire tomber la mâchoire : nous avons payé 160£ pour nous 4 , soit 205€. Oui je sais, vous avez fait « OUTCH!! » en lisant le tarif, mais après cette journée je comprends très bien que ce soit si élevé : on ne peut pas développer un tourisme de masse dans un tel lieu. Il faut savoir qu’il n’y a qu’un seul croisiériste, Turus Mara, qui a le droit d’accoster sur Lunga (Staffa, elle, est « desservie » par d’autres agences) donc qu’un seul bateau par jour (si le vent n’est pas de sortie) soit 15 à 20 personnes : ce qui me semble être un maximum pour éviter d’interférer de trop dans la vie des macareux qui viennent là se reproduire.

Bon à savoir : La meilleure période pour l’observation des macareux est avril-mai-juin. A partir du mois d’août, les oiseaux s’étant reproduits, la population commence à décroître.

Ainsi s’achève mon triptyque mullien et comme vous l’aurez compris : Mull est à découvrir, explorer, contempler …

Next Stop : Glen Coe

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26 comments
  1. Cassonade

    Super photos ! Et tu confirmes mon envie de revenir en Ecosse une autre fois pour voir entre autres l’ile de Mull et Staffa et Lunga. Nous avons également eu la chance de voir des dizaines de macareux (sur l’ile de May, mais la mer était mauvaise mauvaise, des creux de 3 mètres…) et aussi des phoques mais pas de dauphins. On les a cherchés durant une semaine sur la côte nord-ouest de l’Ecosse, mais pas de chance, aux dires des locaux, ça ne s’est jamais vu que les dauphins et les baleines se cachent pendant aussi longtemps… A voir notre excitation à tous les trois devant des phoques endormis au soleil, je n’ose imaginer ce que ça aurait été si nous avions vu des dauphins !
    Mais pas de regrets, on a quand même pu observer longuement des macareux, et rien que pour ça, ca valait le coup de faire le voyage. Je crois que nous aussi sommes des observateurs-photographes-passionnés 🙂
    Pour info, les petits pingouins sont des « razorbill » en anglais. On peut en voir en Irlande (sur les falaises de Bray, tout près de Dublin), mais aussi en Bretagne il me semble. Ils sont moins connus que les macareux mais quand même tout choupis avec leur bec rayé !

    1. mitchka

      Grave qu’ils sont choupis les « razorbill », ils nous ont fait trop marré perdus au milieu des macareux 🙂 et sinon oui l’Ecosse c’est tout petit pourtant il faut bien 10 voyages pour profiter pleinement de chaque coin… On ne s’en lasse pas 😀

  2. Laura

    Comme je comprend ton si grand enthousiasme pour cette balade et ses rencontres animales. J’aurais été plus que bargeot à ta place. Autant te dire que des émotions comme celle ci ça n’a pas de prix. Merci de nous avoir partagé ce si beau moment entre bêtes et en familles !

    1. mitchka

      je suis entièrement d’accord avec toi. On n’a pas regretté notre argent une seule minute mais bon c’est quand même un somme à prendre en compte quand tu fais ton budget. Mais enfin c’était tellement le KIF !!! One Chaï n’a rien compris, le Kiffistan c’est l’île de Mull 😉

  3. pixelsduboutdumonde

    Super beau, et avec le soleil en plus (oui je sais je fais une fixette sur le soleil…). Vos photos des Macareux et du Lapin sont superbes. C’est vraiment impressionnant ces falaises basaltiques, tellement régulier qu’on a du mal à croire que c’est naturel, et pourtant…

    1. mitchka

      oui on a l’impression qu’elles ont été sculptées par la main de l’homme c’est vrai 🙂 (et oui avec le soleil, c’était cool !!)

  4. famillefrancetrotteuse

    oh la la je suis en extase devant tes photos moi je suis comme toi ce genre de moment j’aimerai qu’il dure éternellement !!
    Un très très grand BRAVO pour les photos : les paysages sont magnifiques et les macareux pufffff EXTRA !!!!

  5. Virginie C.

    Je m’étais réserve cette puffin therapy pour mon samedi soir pluvieux (un brin loose..) et là je suis reboostee, il faut absolument que j’y aille… (Si tu nous vois partir en Ecosse en 2017, tu Comprendras! )
    Tes photos sont magnifiques en tout cas.

    1. mitchka

      c’est vrai que c’est une chance incroyable que nous avons eu … j’espère que nous pourrons renouveler l’expérience un jour, c’est le genre de chose que l’on revivre 20 fois sans se lasser …

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)