Le jour le plus long (Escale en Sardaigne, acte 2)

Il y a peu, je vous vantais les mérites de la douce Vérone et vous contais la merveilleuse journée que nous y avions passé. C’était le jour parfait.

Mais en voyage, comme dans la vie, avant d’atteindre l’état de grâce on passe (souvent) par les turpitudes du purgatoire. Et, si nous avons passé quelques moments un peu compliqués durant notre voyage (remember notre étape à Imperia ), rien ne put égaler notre journée merdique à Cagliari.

Récit du Jour le Plus Long

Je dois avouer qu’une fois arrivés en Sardaigne, nous n’avions plus vraiment envie de sortir de notre tente. Bizarrement, après avoir fait 1500km en 4 jours (+ une nuit sur le ferry), nous n’étions plus du tout d’humeur vagabonde. Et on se voyait bien paresser sous les pins pendant 5 jours (tu parles…).

Le soir de notre arrivée au camping, une fois la tente montée, les matelas gonflés et la pagaille étalée, nous nous sommes rendus à « la plage du camping », la plage d’Is Arenas, histoire de profiter des derniers rayons du soleil.

 Première (et dernière) constatation : la plage est très belle, sauvage, mais absolument pas terrible pour des jeunes enfants, il suffit de faire un ou deux pas pour disparaître au fond de l’eau ; et le courant n’est pas en reste.

Aussi, notre tente a peine dépliée, notre plan n°1 (à savoir : on visite toute la journée et dans l’après midi on se pose à la plage du camping pour être peinard) fut emporté par les hautes vagues d’Is Arenas.

(Photos du téléphone pas tops… si vous voulez des meilleures photos, offrez moi un iphone.)

Le lendemain matin, hophophop, on prend nos clics et nos clacs, et nous partons à la recherche de LA plage !

Et… contre tout attente, nous l’avons trouvé immédiatement. (oui, je sais, c’est fou ! vous êtes presque déçus, je le sens bien !!)

C’est sur la plage, recouverte de grains de quartz, de Mari Ermi (la petite copine d’Is Arutas qui n’est pas très loin) que nous avons atterri. Et je dois dire, que même moi, qui n’aime franchement pas poser mes fesses dans le sable dans l’attente d’une attaque de mycose, j’étais bien.

L’après midi, après avoir pris une bonne dose de WIFI dans un café d’Oristano, nous nous sommes posés comme des merdes  des gros paresseux au camping …

Et voilà.

Et là, vous vous êtes dites « WTF (comprendre What The Fuck, je traduis pour les plus de 37 ans), c’est ça sa journée pleine de turpitudes ?? »

Et moi, je vous dis : Ne commençez pas à réclamer un remboursement … vous n’avez même pas payé, et l’histoire n’est pas finie.

On continue.

Pour notre 3e jour sur l’île, requinqués par notre journée de farniente de la veille, nous nous sommes motivés pour aller à Cagliari. 1h30 de route pour y arriver, rien de méchant en prévision ; en partant tôt nous aurions le temps d’avoir un petit aperçu de la ville.

Nous nous sommes donc levés de bonne heure. La preuve en images, puisque je suis allée faire des photos vers 7h.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

45 photos du ponton plus tard, j’ai retrouvé ma petite famille, et ni une ni deux, nous voilà en route pour Cagliari.

On se gare sans trop de mal. Pour l’instant, un plan sans accroc, dirait mon ami Hannibal.

Mais rapidement, la journée bascula.

Bébé trop joli, alias Joujou se mit à brailler ( la preuve par la vidéo ) comme une perdue alors que nous prenions un café.

Grande fille trop mignonne, alias Nounou, se mit à râler (bon, j’ai pas de vidéo mais je suis sûre que vous avez un peu d’imagination), on s’est donc mis à marcher, grimper dans Cagliari pour effacer tout ça. Nous sommes même allés allumer un cierge à la cathédrale pour calmer la tempête (non, bon ça c’est pas vrai, j’ai pas allumé de cierge… je ne vais pas payer pour allumer des bougies dans une église alors que je peux faire ça gratos chez moi !!), nous sommes même allés jusqu’à payer notre tournée de glace…

Rien.

Elles ont été exécrables.

Et je pèse mes mots.

Bon, j’ai quand même pris le temps de faire quelques photos … on n’est pas des bêtes !

Et comme vous pouvez le constater j’ai découvert la mise en page « Diaporama » 🙂

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Les sœurs soleil étant d’humeur orageuse, nous avons décidé de quitter la ville plus tôt que prévu pour aller à la plage. Vous avouerez que nous sommes des parents très sympas, quand même …? 

Et là, grande idée, nous avons ouvert la carte, et on s’est dit :  » Tiens si on allait vers Nebida, ça ne semble pas loin »

En sachant que notre tente nous attendait au dessus d’Oristano.

Rien ne vous choque ??

Non ?

Une route peut-être… Ah, oui, voilà, vous avez remarqué l’absence de route entre Nebida et Oristano. Mais nous en parlerons dans quelques lignes.

Nous quittons donc Cagliari plein de regrets : ce que nous avons vu de la ville nous a enchanté … mais c’était bien trop peu …

L’air de rien, nous faisons un peu plus d’une heure de route pour rejoindre la mer. Nous miserons de plage en plage, les parkings sont tous saturés … voilà pourquoi je déteste la mer l’été : c’est plein de gens.

Nous finissons par lâcher 5€ pour nous garer au milieu de rien (et sans avoir vu la plage) pour enfin pouvoir sortir de la voiture.

La vue du seau Peppa Pig change radicalement les filles d’humeur, et nous nous dirigeons vers la Cala Domestica le cœur léger.

Il y a un peu de monde mais c’est magnifique… on en a pour nos 5€ !

p1110747

p1110752

Et la fin de journée s’évapore doucement au fond du seau Peppa Pig ... (c’est poétique, hein ?)

19h sonne au cadran solaire qu’il n’y a pas sur la plage, c’est l’heure de repartir,  et on ne se sait absolument pas combien de temps il nous faut pour rentrer…1h ? 1h30?

p1110768

Le GPS indique 2h. Aïe ça pique.

En fait 2h, c’est le temps que nous aurions mis si nous étions revenus sur nos pas pour reprendre la grosse route, mais nous, comme des bourriques effrontées (oui effrontées !), nous avons piqué vers le nord sans réfléchir… et résultat … et bien on a eu droit à des panoramas de dingue… mais à une route constituée essentiellement d’épingles, genre route de haute-montagne en bord de mer avec précipice, et tout le toutim …

Il faut rajouter à ça, que je commençais à avoir mal à la tête… (je soupçonne la glace orange fluo avalée plus tôt d’être responsable de cet état)

migraine + route qui tourne = malade comme un chien

On a dû s’arrêter 3 fois parce que j’avais trop mal à la tête ou/et trop mal au ventre (mes médicaments « de crise » étant restés sagement dans la tente).

Bref, relou maman …

Ainsi nous avons mis plus de 3h à rentrer. Et pour finir, alors qu’il ne nous restait que quelques kilomètres pour arriver au camping, Jac s’est déchiré au dernier embranchement. Émergent d’un demi-coma, je lui ai fait savoir que nous nous étions trompés … mais il a persévéré voulant écouté le GPS plutôt que moi (à l’article de la mort).

On s’est retrouvé dans un bled à 20 bornes du camping. Arrivés là, le GPS indiquait à Jac de prendre un chemin de traverse, un vieux sentier tout pourri où même les ânes ne passent pas, pour rejoindre le camping. Alors qu’il commençait à s’aventurer sur le dit-chemin, je l’ai supplié de faire demi-tour. Il faisait nuit noire, on allait crever une roue au milieu de rien, je le sentais  bien, c’était un coup à finir dévorés par des lapins (oui des lapins … vous pensez quand même pas qu’on puisse croiser des ours en Sardaigne ?!).

Un demi-tour plus tard, nous sommes enfin arrivés au camping, il était 22h30, mon cerveau était sur le point de faire craquer mon crâne, et Jac était épuisé… nous avions fait 6h de route (contre les 3h estimées en nous levant ….).

Les filles, heureusement, s’étaient endormies, alors qu’elles n’avaient qu’un pauvre paquet de chips dans le bide, dès le début de notre périple. On va dire que c’est leur punition pour nous avoir gâché notre visite de Cagliari. Oui nous sommes des monstres.

Nous sommes allés nous coucher, en nous promettant que demain, on ne ferait rien. (On ne devrait jamais ô grand jamais faire des promesses de ce style, nous ne sommes pas capable de les tenir … to be continued… )

Quelques clichés pris entre la Cala Domestica et Portixeddu avant que je ne sois trop mourante …

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Aimer c'est partager !

19 thoughts on “Le jour le plus long (Escale en Sardaigne, acte 2)

  1. Toujours cet humour qui rend tes récits si chouettes. Mais quelle galère ! Je crois qu’en Sicile j’ai eu une expérience similaire, les enfants en moins. La journée qu’on a passée pour rejoindre le centre de la Sicile depuis Cefalù. Mon programme de dingo prévoyait déjà 5h30 de voiture avec des arrêts très précis pour voir des choses que j’avais repérées. Seulement, le GPS n’a pas arrêté de nous envoyer sur des « chemins d’ânes », c’est là que j’ai fait le panoracha perdu ! J’ai quand même fait visiter Leonforte au pas de charge a mon mec, puis même chose à la Villa Romaine del Casale (un peu moins vite)… épuisant ! Une journée presque entière en voiture avec des arrêts de 10 min à 1h30 maxi ! J’imagine pas la même avec des enfants :O

  2. En fait y’en n’a pas un pour rattraper l’autre dans cette famille Hahaha.
    Les aléas des vacances en famille ou comment se fabriquer des souvenirs ! Je prends beaucoup de plaisir à lire tes récits si vivants et tes photos sont pas pourries du tout 😉 (ça m’arrange j’ai pas les moyens de t’offrir un iphone)

  3. Ah les vacances avec les enfants et en famille c’est toujours du pur bonheur….enfin longtemps après qu’en on y repense parce que sur le coup on a souvent juste envie de pleurer

  4. Ce que j’adore avec ta vidéo, c’est l’imminence du désastre, comme un tremblement de terre ou une explosion de bonheur, pardon, de râleries enfantines.

  5. Je suis meurte de rire! Meurte! Désolée mais je ne peux pas m’empêcher en lisant tes articles Rassure toi, je compatis également pour toutes vos galères. Sur le moment dur dur mais on en rit avec le temps. Et ces plages, la vache, des merveilles.

  6. je vois que je ne suis pas la seule à qui arrive ce genre de moments en voyage
    attention je ne me réjouis pas de ton malheur
    en ris bien après et puis on peut même les raconter sur le blog

  7. Ce que j’aime dans cet article (en plus du fait que tu réussisses à rendre amusantes de telles galères!) c’est qu’on se sent moins seuls. Nous aussi on se perd, on passe 1000 fois plus de temps que prévu sur certains trajets. Parfois aussi les poussins sont affreux et nous fichent la méga honte dans des magasins / restaurants. Mais effectivement, après, avec le recul, on se dit « il n’y a pas mort d’homme! » Mais parfois longtemps après!!!

Un commentaire = un gâteau au chocolat (non c'est pas vrai mais laissez nous un petit mot quand même)