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visite de la La Turbie
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Raconte-moi La Turbie

visite de la La Turbie

Voici le mois d’octobre et un nouveau rendez-vous #EnFranceAussi qui se profile. J’avais passé mon tour ces deux derniers mois, la faute à l’Amérique et à la rentrée scolaire, mais me voilà de retour, motivée pour vous faire voyager en France aussi !! [Applaudissements]

En ce début d’automne, c’est Cécile, du blog Famille France Trotteuse, qui a choisi le thème « Racontez-moi l’histoire d’une rue, d’un quartier »… bien sûr, j’aurais pu choisir de vous emmener au bout de ma rue, vous conter l’histoire de la Glacière, le quartier le plus élevé d’Agde. Mais je garde ça pour une prochaine fois… j’ai choisi de vous balader sur des hauteurs, au bord de la mer, mais un peu plus loin… J’ai choisi de vous raconter l’histoire du centre historique de La Turbie, dans les Alpes-Maritimes.

La Turbie, c’est une de ces rencontres que l’on n’attend pas, mais alors, pas du tout !

Cette rencontre au sommet remonte à l’été 2016 ; nous étions alors en route pour l’Italie, et la soif, la faim, l’envie de pipi, les cris des enfants (la vie de famille, en somme) nous ont obligés à sortir de l’autoroute. Nous pensions avoir pris la sortie de Monaco, et nous nous sentions un peu idiots, car je ne voyais pas trop ce que nous allions y faire, à part nous faire plumer juste en garant la voiture.

Mais le destin a fait dévier notre trajectoire, ou peut-être est-ce juste un croisement… mais peu importe, nous étions arrivés à La Turbie.

Et, nous avons été conquis immédiatement, c’est pourquoi aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire d’une tête de chien devenue l’antichambre de la principauté monégasque.

Il était une fois une voie romaine

Une dizaine d’années avant que Jésus Christ pousse son premier cri, l’empereur Auguste règne sur un empire prospère (enfin, prospère surtout pour lui…). Il a mis la Gaule à ses pieds (eh oui, contrairement à ce que raconte Astérix, Jules César avait tout juste commencé le boulot), et fait tracer des routes un peu partout… car avoir un empire gigantesque, c’est cool, mais avoir un empire qui fait du commerce et qui rapporte, c’est mieux.

À cette époque, les Alpes restent un territoire hostile pour les troupes de l’empereur, nombreuses sont les tribus qui trafiquent dans les montagnes sans verser un sesterce à Rome, et cela est inacceptable pour l’empire.

Mais il ne faudra pas longtemps aux Romains pour calmer tout le monde … Et une fois les perdants installés à Nikkaia (Nice, qui n’est alors qu’un vague port), Auguste dessine une nouvelle voie romaine : la via Julia Augusta (Julia pour Jules César/Augusta pour l’empereur lui-même) qui reliera la via Aurelia à la via Domitia, et Rome à l’Espagne.

Sur cette jolie route de bord de mer, on décide d’élever un temple à la gloire d’Auguste (enfin « on décide »… Auguste ou un bon copain à lui). Pour bâtir ce monument, appelé Trophée des Alpes, les Romains vont choisir le point le plus haut de la via Julia Augusta : le promontoire à la tête de chien (qui ne porte pas encore ce nom) qui domine la mer à 550 mètres de hauteur. La Turbie vient de naître.

Des conflits et des touristes

Si La Turbie profite généreusement de sa situation stratégique durant l’antiquité ; au début du Moyen-âge, le village prend un tout autre visage.

Placé sous l’autorité du comté de Nice, haut lieu de discordes, le village est au centre de nombreux conflits durant toute l’époque médiévale (en même temps, à cette époque, c’est un peu le bordel la pagaille partout, non ?). Aussi, petit à petit, construit-on des remparts, et tout un village fortifié autour du Trophée des Alpes, qui lui, a été désossé par les barbares arrivés en nombre à la chute de l’Empire romain.

Au XVIIIe siècle, le promontoire à la tête de chien, qui surplombe le village de quelques mètres, est toujours le lieu idéal pour surveiller les côtés, et s’amuser à jeter de gros cailloux sur le fort de Monaco juste en dessous ! (ce qui apparemment n’amusait guère le Prince du moment)

Il faut dire que jusqu’au XIIIe siècle, le port de Monoïkos était turbiasque… perdre son port mérite bien quelques lancers de cailloux, même quelques siècles plus tard, non ?!

Ainsi, La Turbie (et son promontoire canin) a servi de cerbère à la région, de l’antiquité à la Seconde Guerre mondiale.

Comme sa grande sœur, Nice, La Turbie va passer dans de nombreuses mains avant de trouver un propriétaire définitif, et ne deviendra française qu’en 1860. En 1861, Monaco obtient sa souveraineté : la Principauté telle que nous la connaissons vient de naître. Au même moment, le Prince de Monaco décide d’ouvrir des casinos. En effet, les Monégasques sont un peu galère suite à des pertes de terrains (je vous la fais courte, hein…), il faut faire rentrer de l’argent. Quelques années plus tard, les premiers joueurs/touristes arrivent… pour ne jamais repartir ! La Turbie va en profiter, comme toutes les villes aux alentours.

Au début du XXe siècle, on désosse encore un peu la tête de chien, on l’ampute de deux de ses quartiers : le Cap d’Ail et Beausoleil deviennent deux villages à part entière, laissant La Turbie seule avec son Trophée et ses maisons médiévales.

Le village a résisté aux turpitudes du tourisme et a réussi à garder une identité propre grâce à son Histoire. Il est plaisant, en plein mois d’août, alors que la Côte d’Azur est envahie par les chapeaux de paille blancs, de trouver un lieu désert, doux et reposant. Je me rappelle ses ruelles blanches baignées par le soleil, ses plantes joliment arrangées pour créer un jardin dans la cité, ce patrimoine si bien conservé… À La Turbie, tout est propre et bien arrangé… c’est presque un musée ; et ce jour-là, il n’était que pour moi.


C’était un article #EnFranceAussi
Rendez-vous organisé par Sylvie du blog Le Coin des Voyageurs
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18 comments
  1. Pierre

    J’adore La Turbie, ça me rappelle mes vacances d’enfance dans les Alpes Maritimes. Et ce Trophée des Alpes c’était une révélation pour moi qui apprenait l’époque romaine à l’école 🙂

    1. mitchka

      Oh génial !! Moi, avant de m’y perdre par hasard, je ne connaissais pas du tout ! mais c’est vrai que découvrir l’antiquité in situ c’est toujours plus passionnant !

  2. Martine Barbier

    Village Gaulois, village typique provençale❤️voies romaines,trophée d’Auguste, villa ayant accueillie Bonaparte sur le chemin des Alpes, un village que j’adore, un incontournable de la côte d’Azur !
    Merci Mitchka pour ce beau reportage !

  3. Tiphanya

    Je ne connaissais pas du tout (de toute façon je ne connais pas le Sud dans le sens le plus large), mais j’aime beaucoup tes photos.
    Et surtout tu choisis carrément mieux tes haltes pipi que nous !

  4. sylvierandos

    Je ne connais pas du tout, mais tu donnes franchement envie de le découvrir ce joli village qui a l’air de mériter le détour… En attendant, merci pour cette très belle visite en photos, et ce récit sur son histoire : j’ai appris plein de choses !

  5. Cecile

    Nous n’y sommes jamais allés (pourtant on a fait quelques séjours par là-bas honte a nous) La prochaine fois promis on y va tu m’a donné très envie d’aller me balader dans ce joli village paisible de la côte d’azur. En plus sont histoire est passionnante et tu la racontes trop bien merci !!

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