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vieille bourse - Lille
France

Tous au nord #EnTripALille

vieille bourse - Lille

Jac m’a laissé devant l’aéroport de Montpellier avec ma valise à pois. J’avais un peu le cœur serré de les laisser 4 jours, je n’aime pas trop diviser l’indivisible. Mais, l’ordre mondial de la blogo-voyage avait choisi pour moi, j’étais attendue au nord pour accomplir ma destinée (rien que ça).

Le nord, pour un(e) sudiste, c’est quasiment un autre pays (tout comme le sud l’est pour un nordiste je suppose) … un lillois est plus proche d’un belge, de la même façon que je suis plus rapidement à Barcelone qu’à Dunkerque. Aussi, notre position sur la carte décide-t-elle souvent pour nous des lieux que nous visitons en priorité … Mais comme la vie est (parfois) bien faite, une très belle opportunité s’est présentée début juin : découvrir Lille et Roubaix avec la team #EnFranceAussi … un nouveau week-end de rencontres et de découvertes sous le ciel bleu blanc du Nord.

Ainsi, je peux dire que j’ai vu le Nord avant de souffler ma 36e bougie … ce qui n’est pas donné à tous les sudistes, c’est pourquoi j’ai décidé de prendre tout un tas de détours pour vous raconter ce voyage #EnTripALille.

Quand on arrive en ville (à Lille)

Je suis arrivée à Lille depuis Bruxelles (c’est d’une logique implacable quand on vient d’Agde), en compagnie d’Annabelle (qui, elle, arrivait du Québec depuis Marseille) que j’avais retrouvée la veille, dans la capitale belge pour une soirée placée sous le signe du houmous.

Une quebecoise, une commingeoise : autant vous dire que nos accents n’en étaient plus à simplement chanter, ils avaient carrément entamé un opéra quand nous avons sauté dans notre vélo-taxi HappyMoov’… d’ailleurs, quelques heures plus tard, le chauffeur assurera à notre amie Sylvie qu’il avait fait route avec 2 québécoises !! (ce qui montre encore une fois que les français ne voyagent pas assez dans leur propre pays et ne savent pas reconnaître les différents accents qui les entourent).

Nous avons rapidement pris nos quartiers à l’excellente auberge Gastama, dans le Vieux-Lille, et retrouvé / rencontré nos acolytes pour le week-end.

Ce fut alors, pour moi, une grande émotion que de rencontrer Charlotte (à l’initiative d’ailleurs de ce week-end lillois – elle voulait nous empoisonner avec des fricadelles à l’origine, mais nous avons résisté), qui est sûrement ma meilleure commentatrice ici, sur le blog, depuis plus de 2 an et demi. Si elle n’était pas tombée un jour sur un de mes textes les plus galériens, je ne serais sûrement pas derrière l’écran aujourd’hui. Dès qu’elle m’a lu, elle n’a cessé de partager mes articles, ici, et là, et encore là-bas. Partout, où elle pouvait mentionner le blog, elle le faisait. Si un jour, mes stats ont cessé de ne référencer que les lectures de ma mère et de ma copine Audrey, c’est grâce à Charlotte, et je ne l’oublierai jamais.

Il y a des rencontres extraordinaires que je n’aurais jamais faites sans le blog, et ce week-end à Lille en est un merveilleux exemple. Car, au risque de vous spoiler, sachez que nous avons passé un week-end génial … (parce que nous étions un groupe génial !!)

groupe enfranceuassi à la villa cavrois
Groupe génial !!

Une fois les présentations faites, nous nous laissons embarquer par Charlotte… elle peine à conduire notre petit groupe de blogueuses émerveillées par chaque façade… elle nous promet que demain le ciel sera bleu et que les photos seront plus belles (spoiler : non).

Mais voilà, nous avons rendez-vous avec le chargé de communication de l’office de tourisme, et nous sommes déjà un peu en retard (retard que nous ne ferons qu’agrandir tout au long du week-end). C’est sur la Grand Place que nous retrouvons Sélic (tee-shirt blanc et lunettes noires, il a tout misé sur la tenue pour nous persuader qu’il faisait beau à Lille !! 🙂 ) qui, dès notre arrivée, commence à nous raconter l’Histoire de la ville.

Sélic a fait des études d’Histoire de l’Art (c’est donc quelqu’un de bien), et il a longtemps été guide conférencier, aussi durant un peu plus de 24h, nous aurons la chance d’avoir des explications sur tout ce que nous verrons, et des réponses à toutes nos questions : ça, c’est de l’accueil soigné !

Nous le suivons jusqu’au Beffroi, un bâtiment assez laid, si je dois donner mon sentiment (et je le dois), mais qui a la pertinence d’offrir une vue à 380° sur toute la ville à plus de 100 mètres du sol. Et la première chose qui frappe notre œil, c’est la diversité des architectures … et c’est ce qui ne cessera de me plaire pendant deux jours.

Le soir, notre groupe s’est agrandi, et c’est une belle tablée qui prend ses marques au Basilic Café. Nous faisons ici la connaissance de Constance, chargée de communication pour l’office de tourisme de Roubaix (qui, elle, n’a pas osé sortir les lunettes noires ^^), qui prendra la relève de Sélic le lendemain en fin de journée. (nous avons été bien chaperonnés, il faut le reconnaître 🙂 )

C’est une belle soirée que nous passons tous ensemble : une dizaine de personnes, qui ne connaissent pas ou peu, et rient aux éclats tout un repas … il était difficile de mieux commencer le week-end.

Lille dans tous ses états

Samedi matin, nous avons le plaisir de retrouver Cécile qui arrive bonne dernière pendant le petit-déjeuner, et Solène, mon amie de 20 ans, rencontré dans l’obscurité d’un aquarium breton il y a un peu plus d’un an. Avant 10h, toutes les blogueuses répondent à l’appel et sont (presque) prêtes pour visiter Lille et faire un millier de photos … rappelez vous, on nous a promis du ciel bleu, en plusss !

Nous commençons notre exploration par l’Hospice Comtesse, ses bâtiments du XVe et XVIIe siècle, son musée et son exposition Ola Cuba. Mal vendu par mon amie Charlotte ( 🙂 ), j’ai trouvé le lieu séduisant. Son musée, sans être fascinant, mérite le détour, on y trouve de belles toiles de Watteau, et rien que pour ça, la visite s’impose. L’exposition Ola Cuba est ici un ovni. Complètement anachronique entre ces murs, mais tellement surprenante. Cette exposition photographique met en lumière le travail de Nicola Lo Calzo, et sa série Regla, entre traditions cubaines et résistances : c’est une série haute en couleur et en interrogations !

Juste à côté, on découvre les clichés de Marc Riboud pris lors de sa visite à Cuba en 1963. C’est, je pense, la série que j’ai préférée dans le cadre de l’exposition Ola Cuba. Entre scènes de vie et moment historique, c’est un véritable témoignage de la vie cubaine à une période où les relations avec les Etats-Unis sont très tendues.

Entretien de Jean Daniel avec Fidel Castro la veille de l’assassinat de Kennedy, photographie de Marc Riboud © Maxime Dufour, pour Lille 3000

Nous avons continué notre chemin de façade en façade, pour rejoindre doucement la gare Saint-Sauveur …prenant toujours plus de photos, et de retard sur notre planning.

(série de façades prises sur 2 jours …)

Au Bistrot Saint-So, à l’intérieur même de la Gare Saint-Sauveur, nous continuons à prendre toujours plus de retard sur notre programme… il faut dire que c’est excellent … et c’est pourquoi, alors que nous sommes déjà à deux doigts de provoquer une rébellion chez les horlogers du monde entier, nous décidons de prendre tranquillement notre dessert … (notez bien que j’ai émis l’idée de sauter les gourmandises de fin pour éviter l’heure de retard… mais les blogueurs sont des goinfres, personne ne m’a écouté … même un alpaga de passage ne les aurait pas distrait de leur assiette …)

C’est donc le ventre bien plein que nous avons débuté la visite guidée organisée par Lille 3000. Nous avons découvert de nombreux artistes cubains, dont certains ont fait le voyage pour créer leur oeuvre in situ. Chaque œuvre présentée est le résultat d’un jeu d’équilibriste : les artistes présents sont soutenus par le gouvernement, vivent correctement et peuvent voyager ; mais ils cherchent aussi à faire passer des messages au reste du monde. Ils tentent de nous faire comprendre en évitant la critique directe, de nous faire réfléchir sans jamais pouvoir nous donner toutes clés.

oeuvre à Ola Cuba à Lille
Luis Lopez Chavez,
La educaciÓn sentimental (détail), 2016-2018

C’est impossible de vous donner le sens de toutes ces oeuvres en quelques mots, mais c’est vraiment une très belle exposition, à la fois violente et nostalgique ; elle est entourée de plusieurs événements tout au long de l’été, vous pouvez retrouver le programme complet sur le site de Lille 3000.

En sortant nous avons fait encore quelques détours avant de prendre le chemin de Roubaix … histoire d’être, toujours un peu plus, en retard. ^^

NB : Je déteste être en retard. -_-

Sur les toits de Roubaix

Vu du sud, Roubaix, c’est un peu l’endroit où même les chats ne vont pas pour mourir … Mais, force est de constater que depuis quelques années, on voit passer très régulièrement sur les réseaux sociaux un panel d’événements culturels dynamiques et modernes. Roubaix se ré-invente, et nous étions nombreuses à vouloir en savoir plus.

C’est à la Condition Publique, un ancien entrepôt de tissus reconverti en lieu culturel, que nous retrouvons Constance, pour une visite de l’exposition Habitarium, qui interroge les visiteurs sur l’habitat d’aujourd’hui, les problèmes qui en résultent, et les solutions qui peuvent être mises en place.. Malheureusement, nous avons fait la visite au pas de course (car nous étions en retard – oui, je sais, c’est stupéfiant), mais elle mérite l’attention du public, car il est nécessaire de nous sensibiliser à ces problématiques.

Mais soyons honnêtes, nous n’étions pas là pour discourir sur l’avenir du monde, nous étions là pour camper !

Oui, j’ai campé à Roubaix.

Et j’y ai même fait un barbecue. [bonhomme avec des lunettes de soleil]

C’est dans le cadre de l’exposition Habitarium que les architectes du collectif Yes We Camp, on pris possession des toits de la Condition Publique … Mais Yes We Camp, c’est quoi, me direz-vous ?

La réponse est donnée par eux-même :

Depuis 2013, Yes We Camp met en place des processus de transformation d’espaces définis en micro-territoires ouverts, généreux et créatifs. Selon le contexte, ces lieux empruntent les qualités de ce que peuvent être un parc, une école, un centre de soins, un fablab, une place publique ou une plage.
Nous réunissons autour de ces projets temporaires les envies d’implication d’êtres humains d’horizons multiples. Nous souhaitons affirmer la ville comme un terrain fertile, où les espaces sont partagés avec confiance et constituent une source de réalisation et d’épanouissement individuel, avec un bénéfice collectif.YesWeCamp.org)

En pratique, Yes We Camp à la Condition Publique, c’est une dizaine de tentes, 4 cabanes et un mur de « lit-capsule ».

Le lieu qui, en plus d’être éphémère, est unique. Nous avons passé là une des nuits les plus insolites de nos vies

La condition publique - Roubaix
Roubaix au réveil !

Je vais (encore) faire ma sudiste, mais, j’ai trouvé l’architecture roubaisienne particulièrement dépaysante. Ici, l’urbanisme a été dicté par les mines et les usines, créant des villages ouvriers tout autour d’eux. J’ai beaucoup pensé aux villes anglo-saxonnes durant cette halte ; plus d’une fois, les rues de Glasgow me sont revenues en mémoire …

Autour de la Condition Publique …

Si Lille émerveille par les dorures de ses façades, Roubaix charme par son Histoire industrielle (qui a fait le Nord), et son caractère si particulier … Et c’est vraiment enthousiastes que nous avons quitté nos logis d’une nuit.

Un dernier détour

Avant de nous quitter pour toujours (ou, du moins, pour quelques temps), Constance nous a conduit à la Villa Cavrois, chef d’oeuvre de l’architecte Robert Mallet-Stevens – mon architecte préféré (oui !! j’ai un architecte préféré, je suis très prétentieuse).

Étudiée pendant mes vertes années, j’étais très heureuse, pour ne pas dire émue, de la découvrir « en vraie ».

La villa Cavrois a été inaugurée en 1932 après 3 ans d’étude et de travaux, elle fut la résidence de la famille Cavrois jusqu’en 1985, avant d’être malmenée par un vilain promoteur, et récupérée par l’Etat en 2001.

La villa Cavrois ce n’est pas juste une maison, un pavillon bien pensé XXL ; non, c’est une oeuvre pleine et entière, dans laquelle Mallet-Stevens a pensé à TOUT : décoration, mobiliers, sonorité … C’est, en effet, quand notre guide a ouvert le robinet de la baignoire que tout le génie de l’architecte nous a épaté : Mallet-Stevens a pensé la robinetterie de la baignoire de façon à imiter le bruit d’un ruisseau.

C’est un détail, mais un détail qui laisse entrevoir toute la réflexion qui se cache derrière ces murs.

C’est là dessus que notre groupe s’est dispersé, certains allant visiter une manufacture, d’autres allant manger des gaufres (je suis allée manger des gaufres). Mais j’ai eu la (mal?)chance de rester quelques heures de plus, mon avion ayant été annulé, je me suis offert le luxe d’une nuit supplémentaire dans la Grand Nord … Ce qui m’a permis d’avoir encore plus de photos de façades. ^^


Un grand merci à Sélic et Constance, ainsi qu’à Marine de Lille 3000, pour leur accueil si chaleureux, et, à Charlotte et Laurianne pour nous avoir indiqué de nombreux chemins de traverse.

Merci également à Ouibus qui a conduit certaines de mes camarades jusqu’à bon port, et à Gallimard qui a eu la gentillesse de nous offrir à chacun le Cartoville de Lille  (j’adore les cadeaux !).

Je ne remercie pas la sncf qui a annulé mon train à l’aller [bonhomme blasé], et ryanair qui a annulé mon avion au retour sans jamais répondre à mes appels !! [bonhomme en colère]


The End

#EnFranceAussi #EnTripALille par Fish & Child(ren)

NB : Au moment où ces lignes seront publiées, nous serons en chemin pour Denver (la ville, pas le dernier dinosaure – team années 80 en force 🤘), aussi cet article marque-t-il le break estival du blog. On se retrouve à la fin du mois d’août, mais vous pouvez continuer à (re)lire mes anciens articles pour éviter l’effondrement de mes stats … Google analytics vous dit merci.

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16 comments
  1. Audrey

    Punaise! J’ai ri quand tu as mentionné Denver le petit dinosaure! Mais sinon, ce n’est quand même pas la seule chose que j’ai retenu de ton article, hein!
    J’ai bien aimé tes photos de Roubaix (celles de Lille sont très bien aussi), et alors ce campement sur les toits [petit bonhomme avec des yeux en forme de cœur]

    1. mitchka

      putain, tu sais que j’ai chanté « Denver, le dernier dinosaure » pendant un tiers du voyage. Les filles la connaissent par coeur maintenant ^^

  2. Estelle

    Je remarque à la lecture de ton article une certaine obsession avec le temps. Oui, c’est pas correct d’être en retard mais franchement tu nous aurais privé de dessert ?!! Pas question.
    Un beau résumé de ce 2ème super weekend blogueurs.

    1. mitchka

      oui, si ça n’avait tenu qu’à moi, je vous aurais privé de dessert !! Mais vous avez eu de la chance, Sélic vous l’a accordé : il a été trop bon avec vous :p

  3. Sabrina

    J’en connais des ch’tits qui toute l’année rêvent du sud et de ciel bleu. Et chaque année ils débarquent chez vous tels des envahisseur que dis je, des barbares. Et chaque année ils retournent chez eux d’un ch’Nord. Faut croire que vous êtes liés à tout jamais.
    Heureuse que vous ayez goûté à la légendaire hospitalité du Nord pas de Calais (ouais Hauts de France je ne m’y suis toujours pas faite).
    Mitchka, ne change rien, ton blog est une véritable pépite.

    1. mitchka

      merci Sabrina 🙂

      oui, on en a plein les rues des chtis en ce moment !! on attend sagement qu’ils nous rendent nos plages, mais on les aime bien quand même 🙂

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